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Continuer la lectureBridgepoint, seul en lice pour racheter Vivacy, le laboratoire de Waldemar Kita
Le propriétaire du groupe français spécialisé dans la conception de produits anti-âge, également patron du FC Nantes, en espère un milliard d’euros.
Waldemar Kita parviendra-t-il enfin à céder Vivacy, son laboratoire spécialisé dans la conception de produits à base d’acide hyaluronique ? L’homme d’affaires d’origine polonaise, également président du FC Nantes, se donne en tout cas tous les moyens pour vendre sa pépite d’une centaine de millions d’euros de chiffre d’affaires. La banque Rothschild & Co, représentée ici par son associé-gérant Laurent Baril, a été chargée avant l’été de relancer le processus de cession entamé l’an dernier.
A ce jour, selon nos informations, seul Bridgepoint est encore en lice. Les deux autres fonds de private equity qui étaient encore engagés dans l’enchère, à savoir Ardian et Cinven, ont préféré passer leur tour. Le gérant paneuropéen à la tête de 37 milliards d’euros d’actifs faisait déjà figure de favori compte tenu de son activité passée dans ce sous-secteur de la santé. Rappelons le, entre 2018 et 2021, il a été l’actionnaire majoritaire de l’entreprise bretonne de fabrication d’acide hyaluronique HTL Biotechnology (laquelle a été rachetée par un autre fonds, Montagu Private Equity, pour plus de 1,2 milliard d’euros). Toutefois, si la société d’investissement cotée tient aujourd’hui la corde, aucune négociation exclusive n’est encore engagée. Une accélération du processus est toutefois attendu la semaine prochaine. Contactées, les directions de Bridgepoint et de Vivacy n’ont pas souhaité commenter.
L'exposition en Russie complique la donne
Voilà plus d’un an maintenant que Waldemar Kita tente de céder son laboratoire. D’abord géré par BNP Paribas, le dossier a fait l’objet de discussions privilégiées avec Bain Capital, auteur d’une offre initiale évaluée à environ 850 millions d’euros. Mais le fonds américain a préféré rebrousser chemin, déclenchant la colère du propriétaire. Cinven, profitant du contre-temps, est alors entré en négociations exclusives mi-mars, sans que les échanges n’aboutissent.
Deux éléments ont pesé sur cette opération. Le prix demandé, d'abord. Depuis l’an dernier, le taulier du FC Nantes, 69 ans, espère revendre Vivacy sur la base d’une valorisation d’un milliard d’euros. Un montant jugé particulièrement élevé pour un groupe affichant initialement quelque 40 millions d’euros d’EBE. « Depuis, l’excédent brut a encore progressé et serait d’un peu plus de 50 millions d’euros, relate un bon connaisseur du dossier. Waldemar Kita en veut 20 fois ce montant. » Bridgepoint, tout comme les autres candidats au rachat, ne se seraient néanmoins pas aligné sur ce chiffre. Un prix inférieur à 900 millions d'euros est évoqué.
L’exposition de Vivacy en Russie complique aussi la donne. « L’entreprise y génère près de 10 % de son excédent brut d’exploitation (EBE), explique un banquier proche du dossier. Si ce chiffre peut paraître anecdotique, il a été en fait le nœud du problème pour la plupart des fonds. » Très implanté dans les pays de l’Est, le laboratoire compte beaucoup sur son développement en Russie, où il espère récupérer d’importantes parts de marché après le départ de ses concurrents américains. A ce jour, les sanctions européennes visant l’État de Poutine épargnent les dispositifs médicaux. Selon nos informations, l'offre de Bridgepoint n'incluerait pas l'activité dans ce pays.