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Grande conso

Carrefour met sur le marché sa pépite d'e-commerce bio Greenweez

Après des années de forte croissance, le pure player dépasse désormais 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.

view of the Carrefour logo  at the headquarters in Massy on Febrary 28, 2019. 
BERTRAND GUAY / AFP
view of the Carrefour logo at the headquarters in Massy on Febrary 28, 2019. BERTRAND GUAY / AFP BERTRAND GUAY / AFP

Les grandes manœuvres se poursuivent chez Carrefour. Après avoir cédé sa filiale taïwanaise, valorisée plus de 2 milliards d’euros, cet été, le géant français de la grande distribution se penche maintenant sur l’avenir de sa pépite Greenweez. Selon nos informations, le groupe a mandaté la banque d’affaires Clipperton Finance pour ouvrir le capital de ce champion tricolore du e-commerce bio qu’il a racheté en 2016. La feuille de route ? Trouver un partenaire financier plus qu’un acquéreur industriel.  « Le groupe souhaite rester impliqué stratégiquement dans la société », confie un proche du dossier. A l’issue de cette transaction, il prévoirait donc de rester actionnaire. Si le scénario d’une ouverture minoritaire du capital est évoqué, plusieurs sources y voient en réalité la préparation d’une opération majoritaire. Contacté, Carrefour ne souhaite pas faire de commentaire.

Le timing de l'opération interroge

La start-up a bien grandi depuis son entrée dans le giron du géant de la grande distribution. Son chiffre d’affaires dépasse désormais 100 millions d’euros, dix fois plus qu’en 2015. Pour gagner encore en volume, elle a étendu, cette année, son offre à l’habillement, en proposant des vêtements et accessoires bios ou éthiques. A l’international, Greenweez a aussi multiplié les expansions en rachetant l’espagnol Planeta Huerto (27 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021), il y a quatre ans et l’italien Sorgente Natura (7 millions de revenus) fin 2019. Pourtant, le site, bien que leader sur son marché, n’est toujours pas rentable et a affiché une perte de plus de 10 millions d’euros l’an dernier. La société, créée en 2008 et toujours dirigée par son fondateur Romain Roy, veut rester concentrée sur la croissance, en poursuivant ses investissements. Des projets que le groupe dirigé par Alexandre Bompard ne souhaite plus financer seul, préférant donner la priorité à l’amélioration de sa propre rentabilité.

Mais le timing de l’opération interroge. Après des années de croissance à deux chiffres, le bio connaît un déclin. Dans son étude publiée en juin, l’Agence Bio a révélé que le volume d’affaires de ce marché avait baissé de 1,34 % au cours des douze derniers mois. Sur les seuls produits alimentaires, la baisse a même été de 3,6 % l’an dernier dans les grandes surfaces, selon l’institut d’études IRI. Une morosité qui ne devrait pas s’effacer cette année, en raison de l’inflation, défavorable à la consommation des produits déjà considérés comme relativement onéreux.