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Médias - Culture

La comédienne Sand Van Roy échoue à faire condamner le Journal du Dimanche

La jeune femme demandait le retrait d’un article concernant sa plainte pour viol contre Luc Besson. La photo l’accompagnant la montrait souriante aux côtés du producteur.

Belgian-Dutch actress Sand Van Roy sporting a tattoo reading "Stop Violence Against Women" arrives for the screening of the film "A Hidden Life" at the 72nd edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 19, 2019. (Photo by Alberto PIZZOLI / AFP) ALBERTO PIZZOLI / AFP

C’est l’histoire d’une femme meurtrie qui se bat pour reprendre le contrôle de son image. La comédienne belgo-néerlandaise Sand Van Roy avait attaqué la société Lagardere Media News en 2019 pour atteinte « à sa vie privée, à son droit à l’image et à sa dignité ». En cause, un article paru un an plus tôt sur le site du Journal du Dimanche et évoquant sa plainte pour viol contre Luc Besson. L’actrice réclamait le retrait du texte et de la photo, ainsi que 15 000 euros de réparation pour préjudice moral. La Cour d’appel de Paris l’a déboutée de l’ensemble de ses demandes le 30 novembre dernier, confirmant ainsi la première décision du tribunal judiciaire de Paris du 6 octobre 2021.

En mai 2018, lorsque Sand Van Roy accuse le célèbre producteur et réalisateur français, elle ne souhaite pas en faire la publicité. Europe 1 révèle rapidement l’affaire, mais sans dévoiler le nom de l’actrice. Le JDD reprend l’information, avec l’identité de la comédienne cette fois.

Le dossier devient emblématique du mouvement #Me Too, faisant écho en France à celui du producteur américain Harvey Weinstein, reconnu depuis coupable de viols et d’agressions sexuelles. La comédienne se retrouve surexposée dans les médias et sa réputation écornée par des erreurs factuelles, un article de presse faisant d’elle une call-girl par exemple.

Mais dans le cas du Journal du Dimanche, la Cour d’appel estime qu’on ne peut pas reprocher au site d’avoir repris une information révélée ailleurs. Il relevait en quelque sorte de sa liberté d’expression d’évoquer ce sujet à portée sociétale portant sur des relations sexuelles non consenties dans le cadre de relations professionnelles.

Concernant le cliché illustrant l’article, la comédienne déplore que la photo ait donné l’impression « d’avoir été prise non posée lors d’une sortie du couple ». On la voit effectivement semblant rire aux éclats aux côtés de Luc Besson. Il se trouve que ce portrait n’en était pas un à l’origine. Il a été recadré par le Journal du Dimanche pour ne garder qu’eux deux à l’image, alors qu’ils se trouvaient au milieu de l’équipe du film Taxi 5 lors d’une avant-première se déroulant un mois avant le viol présumé. Là encore, la Cour d’appel a rejeté les arguments de Sand Van Roy, faisant observer que la légende mentionnait bien le contexte particulier de la prise de vue.

« Cette décision n’est pas une surprise parce que l’article est d’intérêt général et que la photo qui l’accompagne illustre de manière pertinente ce dossier judiciaire », nous a déclaré maître Christophe Bigot qui représente Lagardère Media News. L’avocate de Sand Van Roy, maître Anne Grappotte-Benetreau, n’a pas répondu à nos différentes sollicitations. La jeune femme peut encore se pourvoir en cassation jusqu’à la fin du mois de janvier.

Les plaintes de la comédienne pour viol contre Luc Besson n’ont pour le moment pas abouti. Un non-lieu a été prononcé par la juge d’instruction, confirmé par la Cour d’appel de Paris au mois de mai dernier. Mais ce n’est pas fini car Sand van Roy s’est pourvue en cassation. La comédienne a également lancé une procédure en Belgique.