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Biarritz : une association dénonce les liens entre la mairie et les rugbymen Harinordoquy et Yachvili

L’association AC a porté plainte pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence. Elle suspecte la municipalité basque d’avoir favorisé des stars du rugby dans leur business.

Toulouse's injured French flanker Imanol Harinordoquy  looks on before  the French Top 14 rugby union semi-final match between Clermont-Ferrand and Toulouse on June 6, 2015 at the Nouveau Stade in Bordeaux, southwestern France. AFP PHOTO / ROMAIN PERROCHEAU
Toulouse's injured French flanker Imanol Harinordoquy looks on before the French Top 14 rugby union semi-final match between Clermont-Ferrand and Toulouse on June 6, 2015 at the Nouveau Stade in Bordeaux, southwestern France. AFP PHOTO / ROMAIN PERROCHEAU ROMAIN PERROCHEAU / AFP

L’affaire agite le petit monde basque du rugby. Motivée par plusieurs lanceurs d’alerte, l’association Anti-Corruption, dite AC, a déposé plainte contre X au parquet de Bayonne pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence. L’organisme suspecte la mairie de Biarritz d’avoir donné des coups de ...

Concernant David Couzinet d’abord, AC pointe l’emplacement de choix de son restaurant, le Etxola Bibi, installé en plein air avec vue sur la plage. L’ancien deuxième ligne profite d’un renouvellement de bail commercial récurrent qui a pu surprendre des responsables locaux. Fin janvier 2022, lors du conseil municipal portant sur la dernière attribution, l’élue d’opposition Nathalie Motsch s’élevait ainsi contre sa reconduction. « Cela fait la troisième fois que vous prolongez la concession. Ce garçon a pris la présidence de l’association amateur et dieu sait qu’aujourd’hui, il est sous les feux de la rampe en étant extrêmement exposé sur des prises de position médiatiquement, sportivement et financièrement. Je trouve que ce prolongement pose un conflit d’intérêts majeur, ce n’est pas raisonnable ». Si David Couzinet n’a pas souhaité commenter, la mairie fait savoir que l’offre du rugbyman était « apparue la plus aboutie notamment au regard de la qualité du projet commercial, de l’esthétisme de la structure et du mobilier du projet proposé, de la viabilité économique du projet ou encore de la redevance proposée (redevance la plus élevée parmi les 3 offres, soit 120 000 € TTC par an). » Et de préciser que les autres candidats n’ont pas contesté sa décision.

L’association s’intéresse aussi aux affaires de Imanol Harinordoquy. L’ancien Bleu a plusieurs entreprises dans la région. Une société spécialisée dans l’importation de vin, un centre de formation au rugby proposant des séjours pour 380 euros à 599 euros les 5 jours… Ou encore un bar, Les Contrebandiers. C’est cet établissement qui intrigue AC : il serait autorisé à servir de l’alcool malgré sa proximité avec un lieu de culte. L’association se demande si l’octroi de la licence IV dont le joueur a bénéficié ne serait pas lié à sa présence au conseil d’administration de l’Association Biarritz Olympique Rugby. Contacté, Imanol Harinordoquy conteste toute irrégularité. « Les démarches (ndlr : pour obtenir la licence) ont débuté il y a plus de 2 ans suite au changement de législation concernant les zones protégées, explique l’entrepreneur. Les églises n’y figurant plus, cela a permis d’effectuer la demande auprès de la préfecture de façon tout à fait normale.  » Une précision toutefois, les lieux de culte faisant partie des zones dites à interdiction variable, le Préfet a dû saisir les maires des communes concernées par le dossier : l’élue de Biarritz a émis un avis favorable sur le sujet, comme son homologue de Saint-Jean-de-Luz.

Enfin, pour étayer sa plainte, AC a réuni d’autres éléments montrant des liens entre la mairie et des stars de rugby. Elle rappelle, par exemple, que Biarritz a signé un contrat d’image avec Dimitri Yachvili pour la saison sportive 2010-2011. En 2010, le sportif a touché 10 046,40 euros pour « promouvoir la ville », le deal prévoyant aussi qu’il participe à 3 manifestations parmi une liste proposée (tournois scolaires...). Dans sa plainte, l’association estime que cet accord « fait la preuve de relations anciennes économiques entre l’ancien joueur et la commune.  » La ville confirme simplement que le consultant de France Télévision a bénéficié de contrats d’image durant six saisons, le dernier datant de 2010-2011.

Le procureur n’a pas répondu sur les suites pénales qu’il entendait donner à la plainte, déposée mi-décembre, dans le délai de 3 mois prévu par la loi. L’association peut déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile. Cela entraînera la désignation automatique d’un juge d’instruction. Le parquet de Bayonne n’a pas répondu à L’Informé.