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Continuer la lectureCarton rouge pour l’ancien footballeur Alou Diarra, interdit de gérer pendant six ans
L’ancien joueur de l’OM et finaliste de la Coupe du monde 2006 avec les Bleus multiplie les déboires avec les sociétés qu’il a créées autour d’un complexe de football en salle.
Alou Diarra peut être fier de sa carrière de footballeur. Milieu défensif à Lens, Lyon, Bordeaux et Marseille, il a même été sélectionné 44 fois sous le maillot des Bleus, entrant notamment à la 56e minute de la finale de la Coupe du Monde 2006 contre l’Italie. Sa carrière se révèle en revanche beauc...
À l’origine de ces ennuis ? Un projet de complexe de football en salle. En 2011, Alou Diarra et son frère Idrissa s’associent pour créer Teams 5 à Roissy-en-France, dans la zone industrielle Paris Nord 2. Avec six terrains synthétiques nouvelle génération sur 4 000 mètres carrés, le projet ne manque pas d’ambition. Mais les nuages judiciaires vont vite s’amonceler pour les Diarra, qui enchaînent les condamnations via leurs différentes sociétés.
Le premier pépin survient en 2016 lorsque la justice contraint l’une des entreprises de la fratrie à rembourser 2 600 euros et 6 000 euros d’impayés, respectivement à un loueur de terminaux de paiement et un autre d’imprimantes. Rebelote en 2019 quand la société SIPAM, missionnée pour vérifier la sécurité incendie de leur centre, les assigne en justice pour une facture en souffrance de 3 000 euros. La situation ne s’arrange pas en 2022 lorsque le Tribunal de commerce de Paris leur impose de régler les 24 000 euros dus à une entreprise d’équipements vidéo. « Les prestations fournies n’étaient pas à la hauteur de nos attentes », explique Idrissa Diarra à l’Informé concernant cette affaire. Toujours en 2022, c’est cette fois le Sweet Thaï, le restaurant de Team 5, qui est sanctionné pour 2000 euros de débit à l’égard d’un centre de contrôle technique. « C’est la vie courante d’une structure, affirme Idrissa Diarra en haussant les épaules. Nous sommes une jeune société avec des hauts et des bas, mais aujourd’hui, nous avons sorti la tête de l’eau ».
Le Tribunal de commerce de Pontoise s’est montré moins compréhensif avec Alou Diarra, officiellement gérant des sociétés. Le 13 juin 2022, il a donc prononcé à son encontre une interdiction de gérer pendant neuf ans, ramenée en appel à six ans le 10 janvier dernier.
Une « expérience malheureuse »
« Alou Diarra ne s’occupait pas de l’entreprise au quotidien, il en a totalement délégué la gérance à un tiers de confiance qui n’a pas bien fait les choses, assure Jérémy Cateau, l’avocat de l’ancien footballeur, aujourd’hui entraîneur d’une équipe de jeunes du club de l’ESTAC à Troyes. Il a également soutenu durablement la société en lui apportant 73 000 euros via le compte courant d’associé, sans jamais s’enrichir personnellement ». Même son de cloche de la part d’Idrissa Diarra : « Mon frère était inactif dans Five Management (ndlr : la holding familiale). Les problèmes de gestion n’étaient pas de son fait, mais malheureusement son nom était en évidence puisqu’il en était le gérant ». Le même Idrissa avait pourtant initialement assuré au Parisien qu’Alou était « partie prenante du projet » et « concerté à chaque décision ».
Jérémy Cateau annonce à l’Informé qu’il va prochainement entamer une démarche auprès du liquidateur et du procureur de la République pour leur proposer de régler une partie du passif dû. Et ce, en échange d’une annulation de l’interdiction de gérer qui pèse sur le finaliste de la Coupe du monde 2006.
Alou Diarra convaincra-t-il la justice de sa bonne foi ? Un élément pourrait jouer en sa défaveur. Comme a pu le constater l’Informé, il est toujours gérant de deux sociétés immobilières, A.R.I.T. et Tawring Residences, huit mois après sa condamnation lui interdisant d’occuper cette fonction. « Entre le moment où la décision est prise et celui où le gérant démissionne, plusieurs mois peuvent s’écouler », justifie Jérémy Cateau, tout en assurant avoir conseillé à son client de démissionner de ses mandats sociaux.