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Continuer la lectureBenjamin Patou, l’empereur de la restauration parisienne, va s’ouvrir à des investisseurs
L’homme d’affaires veut accélérer le développement en France et à l’international de Moma Group, la maison mère des restaurants Lapérouse et Manko, ainsi que des cinémas Club 13 et Elysées Biarritz.
L’année dernière, Moma Group fêtait ses dix ans d’existence au sein de l’hôtel Salomon de Rothschild. L’occasion, pour le fameux groupe de restauration et d’événementiel, de fermer la sombre parenthèse de la crise sanitaire et d’esquisser la prochaine décennie à venir. Depuis, son fondateur Benjamin Patou, petit-neveu du couturier et parfumeur Jean Patou, a établi un plan d’attaque. Selon nos informations, il a confié un mandat à la banque Lazard pour l’accompagner dans la recherche d’investisseurs, et plus particulièrement de fonds ou de family offices. L’objectif ? Procéder à une augmentation de capital qui pourrait être comprise entre 50 et 70 millions d’euros, a appris l’Informé.
La situation financière de Moma s’est fortement dégradée lors de la crise du Covid-19, note un proche du dossier. Cette opération doit lui apporter un nouveau souffle et alimenter sa croissance à l’international. » A ce jour, le réseau, à la tête de 1200 salariés, est constitué d’une quinzaine d’enseignes de restaurants à Paris, Saint-Tropez, Saint-Barth, et depuis peu à Megève et Marseille. Parmi elles figurent notamment Lapérouse, entré dans l’histoire en 1933 comme le premier restaurant à obtenir 3 étoiles au guide Michelin (depuis perdues), et sa petite sœur, Café Lapérouse Concorde, basé à l’Hôtel de la Marine. Le groupe se cache également derrière Forest, au sein du Musée d’Art Moderne, Fontaine Gaillon, où officie Marc Veyrat, ou bien encore Boeuf sur le toit et Andia - dans lesquels Patrick Bruel a investi -, et Manko, dont est actionnaire le chanteur Garou. Souvent considéré comme l’empereur de la restauration parisienne, Benjamin Patou a aussi commencé à faire fructifier son activité en sa qualité d’oiseau de nuit. C’est en 2008 que cet ancien DJ a racheté le Globo, une brasserie fréquentée par Jean Jaurès en son temps, depuis transformée en lieu de soirées. L’année suivante, l’homme d’affaires, aujourd’hui âgé de 45 ans, a jeté son dévolu sur la boîte de nuit du Bus Palladium, à Pigalle. Le début d’une longue série, puisqu’il a ensuite mis la main sur l’Alma Club, l’Arc ou bien encore les salles obscures du Club 13, racheté au cinéaste Claude Lelouch, et l’Elysée Biarritz. Des acquisitions qui ont permis au groupe de s’ériger comme un acteur majeur de l’événementiel.
Développement à l’international
En 2016, l’affaire de Benjamin Patou tournait à plein régime. Il a alors décidé d’ouvrir 49 % du capital au groupe d’hôtels et de casinos Barrière. Une participation qui sera toutefois reprise en 2022 par Benjamin Patou lui-même (70 % des titres), accompagné d’un trio d’investisseurs composé du chanteur Patrick Bruel, de l’administrateur de Moma Eric Sitruk et du directeur général du pôle restauration, Jean-David Sarfati. « Barrière avait aussi été chahuté par la crise du Covid et devait se recentrer », note un proche de Dominique Desseigne, le patron du groupe hôtelier. Chez Moma, le chiffre d’affaires était tombé de près de 70 % en 2020, à 30 millions d’euros, pour une perte nette de 11 millions d’euros. L’année suivante, les difficultés étaient toujours bien présentes, avec des revenus avoisinant 50 millions. Une situation critique qui avait nécessité la demande de deux prêts garantis par l’Etat et la vente de son traiteur Kaspia Réceptions.
L’an dernier, Moma Group a toutefois ressorti la tête de l’eau avec un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros. L’entreprise pourrait même atteindre 150 millions cette année, pour un Ebitda proche de 15 millions d’euros, a appris l’Informé. Pour ce faire, Moma entend faire du développement de ses marques à l’international une priorité. Déjà présent à Doha, il envisage de croître essentiellement par licence au Maroc, en Arabie Saoudite, en Belgique, au Royaume-Uni ou bien encore aux Etats-Unis. Objectif à moyen terme : tripler le nombre de ses restaurants, aujourd’hui au nombre d’une vingtaine. Contacté, Benjamin Patou n’a pas souhaité commenter.