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Industrie

Rebirth (Solex, Matra) veut reprendre le fabricant des vélos Gitane, Peugeot et Véligo

En grandes difficultés, Cycleurope emploie 140 salariés en France. Le tribunal de commerce de Troyes examine le dossier ce mardi.

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RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

C’est une journée que les 140 salariés de Cycleurope France attendent avec impatience. Ce mardi, le tribunal de commerce Troyes doit se pencher sur l’avenir de cette entreprise de Romilly-sur-Seine (Aube), l’une des plus grosses usines de vélos en France, qui cherche un repreneur depuis plusieurs mois, comme l’Informé l’a révélé. Selon nos informations, les juges ont dans les mains au moins une offre, celle du groupe Rebirth (ex-Easybike), connu pour exploiter les marques Solex et Matra. Doté de sa propre usine à Saint-Lô (Manche), cet industriel emploie une centaine de personnes et revendique un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros.

Les équipes ont été mises au courant du projet cet été, suite à la signature d’un protocole d’accord entre Rebirth et Cycleurope France. Elles ne s’y sont pas opposées mais attendent d’en savoir plus sur la nature des engagements et le financement. Le repreneur se voit conserver la totalité de l’effectif et le site troyen, pourtant vétuste, et souhaiterait aussi mettre la main sur le réseau de 80 magasins indépendants Vélo & Oxygen, approvisionnés en partie par l’usine de Romilly-sur-Seine. Cycleurope France est perclus de dettes - autour de 20 millions d’euros - et les juges vont devoir examiner le schéma imaginé pour rembourser les créanciers. L’actionnaire actuel, le groupe suédois Grimaldi Industri, se joindrait à Rebirth, pour combler une petite partie seulement du passif.

Cycleurope a vu son activité se rétracter ces dernières années, et son chiffre d’affaires est tombé à 35 millions d’euros. Son portefeuille de marques, aussi, s’est réduit, mais il comprend toujours Gitane et surtout l’emblématique Peugeot. Le contrat d’assembleur et de distributeur exclusif avec son propriétaire, le groupe Stellantis, ne court toutefois que jusqu’en 2025 : le repreneur de Cycleurope, quel qu’il soit, devra donc s’entendre avec lui pour le prolonger. Cycleurope assemble également les Véligo de la Région Île-de-France et les vélos de La Poste.

Toujours présidé par son fondateur Grégory Trébaol, Rebirth enchaîne les rachats depuis l’arrivée d’un nouvel actionnaire individuel Nicolas Oltramare, entré au capital pour relancer ce groupe après son redressement judiciaire en 2019. L’industriel a notamment mis la main sur les marques Lejeune, Velcan ou Coleen et les services T-Sur, Docto-vélo, ou Clean Energy Planet.

Ni Cycleurope, ni Rebirth, ni Stellantis, ni l’administratrice judiciaire n’ont souhaité commenter nos informations.