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Transports - Auto

Yamaha choisit la France pour produire sa voiturette électrique UMX

L’usine MBK de Saint-Quentin, connue pour ses scooters et motos Yamaha, lancera une nouvelle ligne d’utilitaires électriques en 2024.

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Yamaha Motor Company

Heureusement pour l’Hexagone, les constructeurs automobiles ne sont pas tous aussi pessimistes que Carlos Tavares. Début juillet, le PDG de Stellantis affirmait qu’il était impossible de produire en France des petits véhicules électriques de façon rentable. Une première contradiction était venue de Renault qui a, lui, décidé de fabriquer sa future R5 à Douai (Nord) l’année prochaine. Et c’est maintenant au tour de Yamaha de miser sur l’industrie tricolore. Selon nos informations, le groupe japonais a décidé de produire une voiturette électrique dans son site de Saint-Quentin (Aisne). Il a choisi MBK Industrie, l’ancienne usine des mobylettes Motobecane, pour assembler ce nouveau véhicule destiné aux marchés européens. « Nous finalisons actuellement l’homologation d’un UMX électrique, un engin utilitaire low speed, qui roule à 25 km/h, confirme à l’Informé Eric de Seynes, président de la holding européenne Yamaha Motor Europe NV (et par ailleurs président du conseil de surveillance du maroquinier de luxe Hermès). Nous croyons beaucoup à son potentiel auprès des municipalités ou des services d’entretien qui souhaitent un véhicule fonctionnel, zéro émission et silencieux et produit en France ».

Yamaha produisait déjà l’UMX aux États-Unis mais dans une version plus légère. Équipé d’un moteur électrique de 5,0 kW, le modèle prévu en France sera doté d’une cabine fermée pour accueillir deux passagers et d’une grande benne arrière. Léger et doté d’une charge utile conséquente, il a été conçu pour correspondre aux besoins des employés d’une usine comme à ceux d’un hôtel, d’un aéroport ou d’une exploitation agricole. Deux prototypes ont déjà été mis sur pied et la ligne d’assemblage est installée en presque totalité. La production devrait démarrer en début d’année prochaine dans l’usine de Saint-Quentin, peu après le lancement de la fabrication de moteurs électriques pour vélos révélée par l’Informé. « MBK Industrie continuera à produire des motos et des scooters avec des moteurs thermiques, mais Yamaha a décidé de capitaliser sur son site industriel français et d’y développer des relais de croissance sur les technologies électriques, précise Eric de Seynes. Nous essayons de lui apporter le maximum de valeur ajoutée, de le projeter dans la nécessaire transition énergétique. »

Avant même ces nouveaux développements, l’usine picarde avait déjà le vent en poupe. Ses ventes de motos, scooters et quads ont progressé de 24 % en 2022 pour atteindre 420 millions d’euros de chiffres d’affaires. La croissance est principalement tirée par l’activité moto, en hausse de 70 millions d’euros sur un an, l’activité scooters ayant été ralentie par les difficultés d’approvisionnement en composants électroniques (- 8 millions d’euros). MBK Industrie a dégagé un profit net de 9 millions d’euros sur l’exercice 2022, contre 6,7 millions en 2021. Près de la moitié de sa production est destinée à l’exportation sur les marchés européens.