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Continuer la lectureInVivo cherche un acheteur pour sa filiale d’ingrédients céréaliers
À peine bouclée la vente de Bioline AgroSciences à Eurazeo, l’union de coopératives cherche à céder AIT Ingrédients. Des acquéreurs industriels sont pressentis.
Chez InVivo, une cession peut en cacher une autre : en ce moment l’union de coopératives agricoles aux quelque 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires les multiplie. Elle vient ainsi de revendre ses produits de protection des cultures Bioline AgroSciences à Eurazeo. En décembre, elle a indiqué au quotidien Les Echos qu’elle était prête à céder la majorité des parts de son pôle vins Cordier, tout en restant actionnaire. Mais selon plusieurs sources, InVivo projette aussi de se séparer d’une autre filiale, AIT Ingrédients. Cette dernière fournit aux industriels de l’agroalimentaire des levains, des correcteurs, des améliorants et des mixes ou premixes, tout en proposant également des services de formulation de recettes. La banque Natixis a été chargée de piloter le processus d’enchères.
AIT Ingrédients fait partie du pôle agroalimentaire d’InVivo. Elle est plus particulièrement rattachée à Episens, l’entité dédiée à la transformation de céréales, où elle côtoie des activités dans la meunerie héritées de l’acquisition de Soufflet en 2021 ainsi que dans la boulangerie industrielle (via sa filiale Neuhauser, qui fournit la grande distribution). AIT Ingrédients réalise 90 millions de chiffre d’affaires, et son Ebitda resterait sous la barre des 10 millions d’euros. Il emploie 270 salariés dans le monde et dispose de trois sites industriels en France, à Creil (Oise), Aizenay (Vendée) et Colombelles (Calvados), ainsi que des implantations directes en Espagne, en Afrique et en Amérique du Sud (Argentine et Brésil), une zone décrite comme un véritable moteur de croissance.
Le premier tour des enchères doit se terminer à la fin du mois, avec la remise par les prétendants de leurs offres indicatives. La participation d’un certain nombre d’acteurs industriels est pressentie. Parmi les candidats potentiels plus ou moins sérieux, figureraient des géants de la levure comme Lesaffre ou le canadien Lallemand, mais aussi des fabricants d’ingrédients comme le belge Puratos, le français Eurogerm (participation du fonds Naxicap) voire l’italien Millbio ou la coopérative semencière Limagrains. Reste à voir si des fonds d’investissement pourraient intégrer le capital en parallèle. « L’opération nécessitera la mise en place d’une nouvelle équipe de direction chez AIT Ingrédients, avance une source qui étudie le dossier. Or, tous les financiers ne sont pas à l’aise avec ce genre de scénario, d’autant plus que l’outil industriel de l’entreprise nécessitera des investissements importants afin de se mettre au niveau des principaux concurrents. »
Les diverses cessions d’InVivo surviennent après des années très offensives pour le groupe piloté par Thierry Blandinières. Ce dernier avait enchaîné coup sur coup deux opérations XXL avec l’acquisition de Soufflet en 2021 et la prise de contrôle de l’australien United Malt Group (aux côtés de KKR) deux ans plus tard. Sans oublier son implication dans la création de Teract en 2022, où le groupe et ses co-investisseurs Xavier Niel (actionnaire de l’Informé), Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari, avaient l’ambition de bâtir un nouveau géant de la distribution s’inspirant de Grand Frais. InVivo avait apporté ses enseignes de jardinerie (Jardiland, Gamm’Vert) comme premières pierres à l’édifice. Le projet reste pour l’instant un échec sanctionné par la Bourse, où Teract ne vaut que 65 millions d’euros, pénalisé par des performances opérationnelles assez faibles, l’abandon du (complexe) projet de rapprochement avec Casino en 2023, sans parler des départs à la pelle dans l’équipe de direction. L’exercice 2023-2024 avait été globalement mitigé pour InVivo, puisque le groupe soutenu par 167 coopératives avait publié un chiffre d’affaires en contraction de 5 % du fait de la baisse des prix agricoles et de la morosité de la consommation. Et si l’Ebitda s’est légèrement amélioré à 384 millions d’euros, sa dette nette a bondi de 50 % (à 1,8 milliard d’euros) en juin 2024 du fait de la prise de contrôle d’United Malt.
Contacté par l’Informé au sujet de son projet de vente d’AIT Ingrédients, InVivo a répondu qu’il ne commentait pas les « rumeurs ».