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Des militaires l’avaient tuyauté avant un marché public, le loueur d’hélicoptères Icare encore débouté

Depuis sept ans, Icare est accusé par son rival Héli-Union d’avoir décroché un marché de l’armée de l’air grâce au coup de pouce de deux haut gradés de l’armée de l’air.

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AFP

C’est une nouvelle défaite pour Icare. Cet acteur phare de la location d’hélicoptères en France, basé à Paris, se bat pour prouver qu’il n’a pas été favorisé dans un appel d’offres de l’armée de l’air face à son grand rival Héli-Union. Jusqu’à présent, les différentes juridictions lui ont plutôt donné tort. Le Conseil d’État, dans un arrêt du 7 avril consulté par l’Informé, vient encore de confirmer la tendance en rejetant le pourvoi d’Icare.

Cette guerre des pales remonte en fait à mars 2016 : l’armée de l’air cherchait à louer des hélicoptères pour entraîner ses équipages dans l’attente de la livraison de nouveaux appareils. Comme le dévoileront les investigations, le président d’Icare, Bertrand Vilmer, aurait rencontré à Bordeaux le chef de la composante hélicoptère du commandement des forces aériennes pour lui proposer la mise à disposition d’un hélicoptère de type Super Puma. Vilmer, ancien vice-président d’Arianespace, est lui-même un ex-officier de l’armée de l’air, passé par le cabinet de Michèle Alliot-Marie au ministère de la défense et la Direction du renseignement militaire (DRM). Les deux hommes seraient restés en contact après cette réunion et auraient échangé à plusieurs reprises.

De plus, comme le raconte Challenges, le lieutenant-colonel de l’armée de l’air Éric Goffinon, un pilote d’hélicoptère réputé, aurait ensuite transmis au président d’Icare de nombreuses informations concernant les critères techniques et financiers du futur marché. 17 contacts téléphoniques ont apparemment eu lieu, entre Bertrand Vilmer, Éric Goffinon mais aussi le général Hervé Bertrand. Commandant de la brigade aérienne d’appui et de projection (BAAP) du commandement des forces aériennes, ce dernier était chargé d’exprimer le besoin de l’armée de l’air sur le contrat.

Héli-Union obtient l’annulation du contrat

De son côté, le concurrent Héli-Union n’avait disposé que d’un mois pour préparer son offre. Sans surprise, celle-ci pourtant mieux-disante financièrement a été jugée non-conforme et rejetée par le ministère des armées en juillet 2016, ce dernier attribuant le marché à Icare (avec Artelis) en décembre de la même année. Bien décidé à ne pas laisser le champ libre à son concurrent, Héli-Union avait porté l’affaire en justice et obtenu l’annulation de ce contrat. Ce que le Conseil d’État vient donc de confirmer. Toutefois, le caractère non-conforme de l’offre d’Héli-Union a également été affirmé à deux reprises par la justice administrative, l’entreprise n’ayant pas précisé le type d’hélicoptère qu’elle comptait utiliser.

En parallèle de cette procédure, et toujours selon Challenges, Bertrand Vilmer, l’ancien directeur du Service spécialisé de la logistique et du transport (SSLT) des armées Yves Glaz et Éric Goffinon ont été condamnés en première instance le 29 juin 2021 par le tribunal correctionnel de Paris pour favoritisme sur ce contrat de location d’hélicoptère. Ils ont fait appel de cette décision, qui n’a pas encore été rejugée.

Contactées par l’Informé, les sociétés Icare et Héli-Union n’ont pas souhaité faire de commentaire.