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Continuer la lectureBolloré Logistics, Neo Eco, Eclatec … des entreprises françaises signent d’importants deals en Ukraine
Plusieurs sociétés tricolores viennent ou s’apprêtent à décrocher des contrats liés à la reconstruction du pays. Sur ce terrain, la France est toutefois en retard sur les autres pays occidentaux.
La reconstruction de l’Ukraine est engagée et les industriels français y prendront part. A l’occasion du salon Rebuild Ukraine organisé à Varsovie les 15 et 16 février, l’Informé a ainsi appris que Eclatec allait par exemple intégrer un consortium chargé du réaménagement urbain dans plusieurs villes du pays. Ce spécialiste mosellan de la lumière LED conduit avait précédemment conduit plusieurs petits projets d’éclairage public dans l’ouest de l’Ukraine. Le Nordiste Neo Eco, qui participe déjà à Hostomel, dans la banlieue de Kiev, à la déconstruction de 6 immeubles et la construction de 456 appartements, s'apprête à finaliser un contrat similaire avec la ville de Mykolaïv au sud du pays. Bolloré Logistics, de son côté, s’apprête à ouvrir un bureau à Kiev. Il convoie déjà des matériaux et biens de première nécessité pour des ONG et entreprises du BTP et opérait jusqu’ici depuis la Pologne.
Des sociétés implantées de longue date en Ukraine ont également multiplié les prises de contact lors de ce salon, qui invitait les représentants des principales villes ukrainiennes endommagées lors de la guerre à faire part de leurs besoins ainsi que de leurs projets de reconstruction. Il en va ainsi du président fondateur de la société d’ingénierie Beten International, Jean Roche, qui a notamment échangé avec les municipalités d’Irpin, Jytomyr, Borodianka et Mykolaïv. Ou de Schneider Electric, qui s’est relocalisé de Kiev à Lviv depuis le début de la guerre mais est resté sur place.
En revanche, la plupart des géants français du BTP comme Vinci, Bouygues Construction, Eiffage ou Colas restent pour le moment à l’écart des chantiers ukrainiens de reconstruction. Notamment parce qu’ils ne disposent pas encore d’implantation locale et redoutent les risques en matière de sécurité et de conformité (corruption…). La possibilité que des projets ambitieux soient détruits par le feu russe freine aussi plusieurs acteurs Made in France.
Cette frilosité déçoit les Ukrainiens. Reconnaissants envers Paris pour son aide militaire, ils regrettent que les financements français pour la reconstruction demeurent à ce jour assez limités. Cette timidité ouvre aussi un boulevard à d’autres États, apparus particulièrement proactifs lors du salon Rebuild Ukraine. L’Allemagne, dont les entreprises sont venues par dizaines et dont le pavillon national, installé juste après l’entrée principale, occupait environ un quart du bâtiment. L’Italie, dont les représentants ont arpenté non-stop le « village » des municipalités ukrainiennes, a aussi marqué des points. Sont naturellement dans la course les Etats-Unis, mais également le Danemark, la Corée du Sud ou le Japon.
Le match n’est pour autant pas plié selon Clarisse Roussel, chef de projet à Business France, l’organisme qui a géré le déplacement d’une dizaine d’acteurs tricolores à Rebuild Ukraine : « Pour les besoins d’urgence comme pour la reconstruction à long terme, les entreprises françaises déjà implantées dans le pays ou habituées à ce type d’environnement ont clairement une carte à jouer. » Pour encourager les investissements, les autorités françaises souhaitent, selon nos informations, nommer rapidement un « envoyé spécial » à la reconstruction en Ukraine et réfléchissent à la création d’un dispositif de financement ad hoc. L’un des seuls outils disponibles pour l’instant est le FASEP (fonds d’étude et d’aide au secteur privé), dont l’usage est assez strictement encadré et finalement peu adapté au contexte local. L’agence française de développement (AFD) n’a pas non plus d’activité sur place.
Le Medef s’active aussi par l’intermédiaire de Laurent Germain, le président du conseil d’entreprises France-Ukraine. Après avoir emmené dans le pays plusieurs entreprises début février pour rencontrer les ministres des infrastructures et de l’énergie ainsi que la nouvelle agence pour la reconstruction, il organisera le 22 février une réunion dédiée au pays. Les opérateurs tricolores aiment rappeler qu’avant-guerre, la France était le premier employeur étranger en Ukraine.