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Continuer la lectureShrinkflation : PepsiCo s’estime dénigré et attaque Carrefour en justice
L’industriel américain n’a pas apprécié que le distributeur colle devant ses produits (chips Lay's, Lipton Ice Tea) des affichettes indiquant qu’il avait réduit leur poids tout en augmentant leurs prix.
PepsiCo n’a pas l’intention de se laisser pointer du doigt sans rien faire. Depuis le 11 septembre, Carrefour a installé en rayon des affichettes pour signaler les marques responsables selon l’enseigne de « shrinkflation ». Cette technique consiste à diminuer légèrement le poids des produits, tout en...
Ces références sont fabriquées par PepsiCo, qui compte aussi les sodas Pepsi dans son portefeuille. Selon nos informations, cela n’a pas plu du tout à l’industriel qui a assigné Carrefour en justice fin septembre pour faire stopper cette campagne. Le rival de Coca estime qu’elle a provoqué « un déséquilibre significatif des droits et des obligations des parties », représente « un dénigrement à son égard » et qu’elle a eu un impact sur son chiffre d’affaires. Il faut dire que le message inscrit est plutôt direct : « Ce produit a vu son grammage baisser, et le tarif pratiqué par notre fournisseur augmenter. Nous nous engageons à renégocier ce tarif ».
Devant le tribunal de commerce d’Évry, PepsiCo a donc réclamé en urgence le retrait des affichettes concernées (en magasin comme en ligne), demandant une astreinte de 500 000 euros par jour de retard. Mais le fabricant de boissons et de chips devra patienter un peu avant de connaître le verdict des juges, compte tenu de la décision rendue le 3 octobre. Car Carrefour a soulevé un point de droit, et obtenu que le juge se déclare incompétent, au profit du tribunal de commerce de Paris qui va donc prendre l’affaire en charge. Contacté par l’Informé, Carrefour considère que les reproches de PepsiCo « ne sont pas justifiés car les étiquettes ne sont ni trompeuses ni dénigrantes ». Le fabricant ne nous avait pas encore répondu au moment de la publication.
Ce bras de fer intervient alors que distributeurs et industriels se renvoient la balle au sujet de l’inflation des prix de l’alimentation. Lors d’une audition devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le PDG de Carrefour Alexandre Bompard avait déclaré, il y a quelques jours : « On ne peut pas reprocher à la grande distribution de ne rien avoir fait face à l’inflation. Nous avons multiplié les initiatives, parfois en répondant aux demandes des pouvoirs publics, en réduisant nos marges, en développant des gammes accessibles ». Alors que la shrinkflation était citée par certains députés, les représentants de l’Ania et de l’Ilec (les grandes marques alimentaires), précisaient pour leur part « qu’il n’y avait pas un seul changement de format ou de formule de produits qui ne soit annoncé en avance au distributeur », et que le prix de vente consommateur était fixé « par le distributeur et uniquement par le distributeur ».
Autant dire qu’avec cette assignation, les relations ne risquent pas de se détendre entre PepsiCo et Carrefour lors des négociations tarifaires annuelles, qui vont être avancées dans le cadre d’un projet de loi ad hoc. En début d’année, c’est Système U qui était allé au clash avec PepsiCo, refusant ses propositions d’augmentation, jusqu’à 25 % selon le distributeur. En conséquence, des boissons comme Pepsi, 7up ou l’energy drink Rockstar sont toujours indisponibles en rayon.