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Grande conso

Natixis contraint de régler l’ardoise des poulets Doux

La banque s’était portée garante du groupe volailler français. Elle a dû rembourser, à sa place, des aides à l’exportation indûment touchées.

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picture alliance / dpa/picture alliance via Getty I

Des années après sa faillite, le groupe Doux fait encore des victimes. Un temps garant financier du volailler, Natixis se retrouve à essuyer une ardoise de 6,8 millions d’euros à sa place. Le problème ? L’industriel breton a perçu des subventions européennes pour des exportations qui n’ont, finalemen...

Tout a démarré en 2010. À l’époque, Doux, connu pour sa marque Père Dodu, était l’un des trois plus gros volaillers mondiaux, capable de produire environ quatre poulets par seconde et 22 000 œufs par heure. Malin, il profitait à plein d’un système d’aides imaginé par l’Union Européenne (et supprimé depuis) pour favoriser les exportations de ses entreprises : les restitutions à l’exportation. Pour inciter les industriels à exporter hors du contient, l’UE compensait, via des subventions, la différence de prix entre les tarifs pratiqués en Europe et les cours mondiaux.

Généreuses, ces aides pouvaient atteindre jusqu’à 400 euros la tonne et étaient versées avant même que les commandes ne soient honorées. À une seule condition tout de même : que les entreprises bénéficiaires apportent une garantie, au cas où le contrat d’exportation ne se déroule pas comme prévu. Et c’est précisément ce qui s’est passé pour le deal soutenu par Natixis, puisque la cargaison de poulets Doux concernée n’a jamais pu être expédiée, bloquée aux frontières pour une histoire de teneur en eau trop élevée.

Logiquement, France Agrimer, l’organisme agricole national chargé de verser les aides de la PAC, a réclamé les subventions avancées à Doux, le tout additionné des pénalités prévues. Plusieurs demandes ont été adressées en 2013, 2014 et 2015, et chaque fois, contestées par Doux en justice. Jusqu’en 2018. Cette année là, le volailler disparaît après sa liquidation judiciaire et passe entre les mains d’un consortium. Vers qui se tourner alors pour obtenir les 8,4 millions d’euros qu’il reste à régler ? Vers Natixis, en sa qualité de caution solidaire. Depuis, la banque a tout tenté pour échapper à l’ardoise mais aura seulement réussi à en réduire - un peu- le montant.

Bien sûr, la somme reste néanmoins modeste et ne va pas mettre la banque en péril (elle fait partie intégrante du groupe BPCE - tout comme Banques Populaires et les Caisses d’Épargne - dont le résultat net a atteint 4 milliards d’euros en 2022-). Doux, en revanche, ne s’est pas dépêtré de ces histoires. En 2020, le volailler a été condamné en appel à rembourser 80 millions d’euros d’aides publiques indûment perçues entre 2010 et 2013 pour ses opérations d’exportation, après que les services douaniers ne décèlent… la trop grande teneur en eau des poulets. Comme l’indiquait la presse lors de ce procès, le groupe breton n’avait quasiment jamais gagné d’argent depuis sa création en 1955, à l’exception des subventions européennes accordées pendant quelques années.