Grande conso

Ardian : le conflit au Moyen-Orient fait capoter un deal à 1,8 milliard d’euros

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Détenu depuis 2019 par le fonds de la place Vendôme, le spécialiste des pâtes à cuire Cérélia était proche d’un accord avec un consortium emmené par l’investisseur belge Sofina.

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KONSTANTIN SHISHKIN - stock.adobe.com

Les soubresauts géopolitiques déstabilisent le secteur du M&A. Nouvel exemple ces jours-ci, la vente du champion français des pâtes à cuire Cérélia à un consortium emmené par la holding belge d’investissement Sofina vient de tomber à l’eau, a appris l’Informé. En cause : les hausses des coûts du transport et du packaging liés à la guerre en Iran. Pour ne pas surpayer l’actif à un moment où l’inflation redémarre, l’investisseur coté à Bruxelles a en effet pris la décision de renégocier à la baisse le prix, qui avait pourtant été fixé depuis le départ à 11,5 fois l’Ebitda (soit 1,8 milliard d’euros). Mais la tentative n’est pas passée auprès de l’équipe de direction, emmenée par Guillaume Réveilhac, et Ardian - propriétaire du groupe agroalimentaire depuis un deal à 810 millions d’euros bouclé en décembre 2019.

Initialement, la firme de la place Vendôme avait confié au management le soin de mener les discussions avec les candidats au rachat dans le cadre d’un processus informel, encadré par Rothschild & Co. Avec l’impasse des dernières tractations, elle devrait donc reprendre la main, même si à ce stade aucun choix n’aurait été acté pour la sortie. « Ardian n’est pas pressé et peut tout à fait envisager un fonds de continuation sur cet actif », estime un proche du dossier. Si le retour de l’inflation n’aide pas les industriels de l’agroalimentaire, Cérélia pourrait être moins pénalisé que d’autres en sa qualité de producteur en marque blanche pour la MDD. « Les clients cherchent à faire des économies et ont tendance à délaisser les grandes marques pour privilégier les marques distributeurs », confirme un spécialiste du secteur.

Selon nos informations, l’industriel tricolore vient aussi discrètement de racheter l’entreprise californienne Shaw Bakers, connue pour vendre une gamme de produits allant du pain aux viennoiseries, en passant par les sandwichs et les en-cas. Grâce à cette emplette, Cérélia réalise maintenant près de 40 % de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis, contre 10 % en 2019.

Dans l’univers de l’agroalimentaire, nombreux sont les actifs à n’avoir pas trouvé preneur. L’an dernier, Astorg n’est pas parvenu à céder le producteur d’ingrédients Solina, et plus récemment IK Partners a été contraint de prendre son mal en patience avec le leader de l’hygiène agroalimentaire Kersia, faute d’offre lui permettant de doubler sa mise.

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