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Continuer la lectureNucléaire : EDF met en place une nouvelle équipe pour l’EPR2
En attendant l’arrivée de Bernard Fontana à la tête de l’énergéticien, l’état-major en charge des six futurs réacteurs de nouvelle génération est en cours de renouvellement.
Moment charnière pour EDF. L’énergéticien, dont la présidence vient d’être modifiée par le chef de l’État, doit se retrousser les manches pour montrer sa capacité à mener à bien les projets dont il a la charge. Le plus important est sans conteste la construction des six premiers réacteurs de type EPR2, en vue d’une première mise en service d’ici 2038. Depuis des mois, les équipes responsables du programme nouveau nucléaire s’efforcent de finaliser le design de ces futures centrales. Et pour éviter les difficultés rencontrées sur le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche), relié au réseau avec 12 ans de retard, le groupe a entamé depuis deux ans une profonde réorganisation de sa façon de gérer les grands projets. Avec, au cœur de cette transformation, la clarification des relations entre sa maîtrise d’ouvrage (MOA) et sa maîtrise d’œuvre (MOE) (voir notre article). Après avoir séparé les deux, désormais rattachées à deux directions différentes (la direction stratégie, technologies, innovation et développement pilotée par Xavier Ursat et la direction projets et construction menée par Thierry Le Mouroux), le processus entre actuellement dans une seconde phase avec l’arrivée de nouvelles personnes. Des nominations déjà dans les tuyaux avant l’éviction de Luc Rémont au profit de Bernard Fontana.
Selon nos informations, la reconfiguration de la MOA, dont Nicolas Machtou, directeur programme nouveau nucléaire (NN), avait la charge depuis 2022, va ainsi progressivement être reprise par Xavier Gruz. Arrivé chez EDF l’année dernière comme directeur des opérations NN, cet ancien du secteur ferroviaire - où il a été à la manœuvre pendant treize ans comme directeur de projet sur le prolongement de la ligne E du RER Eole et le nouveau système d’exploitation des trains Est-Ouest (Nexteo) chez SNCF Réseau - va devoir structurer la MOA de façon plus concrète. « La partie politique, institutionnelle et financière avec les pouvoirs publics ayant bien avancé, le groupe peut se lancer dans une approche plus opérationnelle », explique un proche du dossier.
En parallèle, un autre changement majeur a aussi été engagé du côté de la maîtrise d’œuvre, a appris l’Informé. Directeur du projet EPR2 depuis une quinzaine d’années, Gabriel Oblin se voit remplacé - assez sèchement - par Catherine Back. PDG de l’entité EDF EPR Engineering au Royaume-Uni, cette X-Mines a eu la haute main sur l’ingénierie du chantier en cours de construction des réacteurs EPR d’Hinkley Point. Elle devrait prendre le poste de directrice palier EPR2, à compter de juillet.
Nommé vice-président ingénierie d’Arabelle Solutions, la filiale de production et de maintenance des turbines Arabelle pour les EPR rachetée à General Electric par EDF en mai 2024, Gabriel Oblin paie quant à lui les difficultés rencontrées par le programme EPR2 et notamment l’envol des coûts prévisionnels des réacteurs. Le chiffrage fourni par EDF pour les trois premières paires d’EPR 2 prévues à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et Bugey (Ain) s’élevait à 67,4 milliards d’euros fin 2023. Il était de 51,7 milliards en 2022.