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Énergie - Environnement

EPR : pour éviter le fiasco de Flamanville, EDF muscle sa maîtrise d’œuvre

L’énergéticien vient de nommer plusieurs responsables au sein de la direction chargée notamment de construire six centrales EPR 2 d’ici 2043.

Luc Rémont, PDG d’EDF
Luc Rémont, PDG d’EDF MAGALI COHEN / Hans Lucas via AFP

Luc Rémont entend conjurer le sort. Le patron d’EDF revoit de fond en comble l’organisation de ses activités nucléaires avec un objectif clair : mettre le groupe public en capacité de construire six centrales de type EPR 2 à horizon 2043 pour un montant le plus proche possible des 67 milliards d’euros annoncés. Puis de lancer par la suite la construction de huit autres réacteurs. Officialisée au printemps - mais dévoilée ces derniers mois dans les colonnes de l’Informé - la transformation de l’entreprise est censée remédier à l’une des faiblesses majeures d’EDF dans la conduite de projet : la mauvaise articulation entre maîtrise d’ouvrage (MOA) et maîtrise d’œuvre (MOE). Cette confusion des rôles entre celui qui commande et celui qui réalise au sein du groupe avait été pointée du doigt par un rapport de Jean-Martin Folz en 2019. Elle s’était traduite sur le terrain par le fiasco de l’EPR de Flamanville en Normandie, dont les coûts et les délais ont explosé.

Les missions de MOA et de MOE sont désormais l’apanage de deux directions bien distinctes. Les premières sont portées par la direction stratégie, technologies, innovation et développement, menée par Xavier Ursat ; les secondes par la direction projets & construction, conduite par Thierry Le Mouroux. Jusqu’ici peu détaillés, le périmètre et la gouvernance de cette direction chargée d’assurer la conduite des travaux commencent à se préciser : nommé en janvier à la tête de la MOE, l’ancien directeur général adjoint d’Areva chargé du projet de l’EPR finlandais d’Olkiluoto - désormais en service - a structuré sa garde rapprochée.

Elle compte plusieurs opérationnels engagés sur différents chantiers de l’énergéticien. Gabriel Oblin, grand manitou de l’EPR 2 dont il est directeur de projet depuis une dizaine d’années, en fait bien sûr partie. Autre profil intégrant le top management de Thierry Le Mouroux : Alain Morvan, qui avait été appelé à la rescousse sur le chantier de Flamanville en 2020. Ou encore Paul Mordant, directeur du projet Hinkley Point C (HPC) - les deux réacteurs EPR en cours de construction au Royaume-Uni. L’entité s’appuiera également sur Marie-Anne Lévy, elle aussi passée par le chantier britannique et coordinatrice depuis 2020 du plan « Excell » lancé par EDF pour remettre d’équerre la filière nucléaire. S’y joignent par ailleurs Valéry Just, ex-patron d’EDF Sofinel, et Guillaume Bourgeaux, qui a travaillé ces dernières années sur le programme nouveau nucléaire du groupe. Renaud Crassous, le patron de Nuward, la filiale dédiée au développement du petit réacteur modulaire nucléaire (SMR - Small modular reactor), intègre également cette direction. Tout comme Frédéric Determe, nommé directeur financier de cette entité.