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Continuer la lectureEPR 2 : EDF signe un méga contrat de 8 milliards d’euros avec Framatome
Au-delà de la préparation des sites géographiques qui accueilleront les futures centrales, l’énergéticien vient de valider la commande de chaudières auprès de sa filiale.
Après le génie civil, les chaudières ! Si EDF ignore encore comment il va financer les six nouveaux réacteurs nucléaires qu’il doit construire à horizon 2043 - pour un coût global de plus de 67 milliards d’euros -, cela n’empêche pas le groupe d’avancer avec ses grands fournisseurs. Selon nos informations, l’énergéticien vient de finaliser le contrat d’achat des chaudières qui équiperont les futurs EPR 2. Montant de cette méga commande passée auprès de sa filiale Framatome : 8 milliards d’euros. Elle constitue un jalon majeur dans le déploiement du programme nucléaire, après la signature, cet automne, du contrat de génie civil avec Eiffage pour les deux premières centrales de 1 600 MW prévues à Penly, en Normandie (voir notre article).
Le chaudiériste, présidé par Bernard Fontana, également patron de la future direction industrie & services d’EDF, doit fournir les équipements clés des EPR2, depuis les cuves contenant les réacteurs nucléaires, jusqu’aux couvercles qui vont dessus. C’est aussi Framatome qui fabriquera les générateurs vapeur (GV) : essentielles, ces pièces transforment la vapeur produite vers les turbines ou les mécanismes de commande de la réaction nucléaire.
Le compte à rebours a déjà commencé chez Framatome autour de ce programme qui engage la maison mère et sa filiale sur une vingtaine d’années. L’enjeu pour l’entreprise ? Etre capable de délivrer ces équipements à temps et à la bonne fréquence. Compte tenu de leur taille, leur fabrication est un travail de longue haleine : produire une cuve prend plus de quatre ans tandis qu’un générateur vapeur en prend près de cinq. Un premier contrat sur les chaudières avait d’ailleurs précédé celui-ci pour réaliser les étapes initiales de design et démarrer le lancement des éléments primaires.
Le séquençage qui attend Framatome est donc serré. Pour éviter les dérives qui ont plombé le chantier de l’EPR de Flamanville, le contrat prévoit d’ailleurs un mécanisme incitatif de bonus/malus pesant sur Framatome ou EDF en cas de manquement ou de retards de l’un ou de l’autre. Sur le terrain, l’ensemble des sites du chaudiériste sont mobilisés : de la forge du Creusot (Saône-et-Loire) qui réalise les pièces de grande taille comme les cuves ou les GV, à celui tout proche de Saint-Marcel où sont assemblés les équipements lourds, en passant par l’usine de Jeumont qui produit les composants mobiles (pompes…). Des extensions sont d’ores et déjà en cours de déploiement. Saint-Marcel devrait par exemple étendre son site de plus 30 000 m2.