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Continuer la lectureEDF : Fontana accélère la réorganisation de la filiale Edvance
Détenue par EDF et Framatome, la société d’ingénierie de l’îlot nucléaire des centrales EPR avance sur sa refonte. Une figure tutélaire du secteur entre par ailleurs à son conseil de surveillance.
Nouvelle présidente, nouveaux administrateurs, accélération de la réorganisation initiée en début de l’année… La fin du semestre s’avère intense chez Edvance, la filiale d’ingénierie détenue par EDF (80 %) et sa filiale Framatome (20 %). Présidée depuis juin par Nathalie Messer, ex-directrice du Centre national d’équipements et de production d’électricité (CNEPE) de l’énergéticien, la société spécialisée dans les îlots nucléaires des réacteurs de technologie EPR a enregistré quelques changements dans son conseil de surveillance et d’orientation. Et non des moindres, puisque Valéry Just laisse son siège à une figure tutélaire du secteur : Yannick d’Escatha.
Le septuagénaire est notamment l’un des auteurs - aux côtés de l’ex-délégué général à l’armement (DGA) Laurent Collet-Billon - du rapport confidentiel commandé par le gouvernement en 2018 qui a préconisé la construction de six EPR en France. Une proposition finalement portée par Emmanuel Macron en 2022 à l’occasion du discours de Belfort relançant le programme nucléaire tricolore. Yannick d’Escatha a aussi été administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et DG délégué d’EDF. Entre également avec lui au conseil de surveillance d’Edvance, Anne Bianchi, responsable performance du projet EPR 2 chez EDF depuis septembre 2025, qui a auparavant passé 23 ans chez Naval Group où elle a dirigé plusieurs programmes.
Ces fins connaisseurs de l’industrie vont accompagner Edvance dans sa restructuration en vue des nombreux chantiers qui l’attendent. L’entreprise fait face à une to-do list des plus denses. En plus des trois paires d’EPR2 prévues dans l’Hexagone, à Penly, Gravelines et au Bugey, la filiale qui a réalisé un chiffre d’affaires de 747 millions d’euros en 2025, est également mobilisée sur les chantiers britanniques de Hinkley Point C et Sizewell C.
Créée en 2017 pour rassembler les compétences d’ingénierie d’EDF et de Framatome, Edvance reste en pleine évolution. Surtout depuis que Bernard Fontana, ancien patron de Framatome, est devenu celui d’EDF en mai 2025. « Il n’a jamais été complètement convaincu du modèle d’Edvance, qui lui paraissait empiéter sur des compétences de Framatome », analyse un proche du dossier. Les quelque 4 000 collaborateurs de la filiale regroupent des salariés mis à disposition par ses deux maisons mères, mais aussi des prestataires et des recrues embauchées sous l’étiquette Edvance. Pour garantir la bonne exécution du programme EPR2, un nouveau détourage des activités, visant à donner plus de responsabilités à l’industriel qu’est Framatome, a été décidé en début d’année. Baptisé « Évolution », ce plan prévoit notamment le transfert d’activités liées aux systèmes de chaudière vers Framatome - dont c’est le cœur de métier historique - et sera effectif cet été.