Énergie - Environnement

Engie discute d’une cession partielle de sa filiale Storengy

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En quête d’argent frais pour financer sa colossale acquisition britannique UKPN, le groupe énergétique échange avec la Caisse des dépôts sur l’ouverture du capital de sa filiale de stockage de gaz naturel.

Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie
Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie DAMIEN MEYER / AFP

Le dossier n’est pas nouveau, mais il semble revenu en haut de la pile chez Engie. Selon nos informations, le groupe présidé par Jean-Pierre Clamadieu a engagé des discussions avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour lui céder une part minoritaire du capital de Storengy, sa filiale spéci...

Elle est l’un des quatre piliers de l’énergéticien dans les infrastructures gazières, avec Natran, sa filiale de transport du gaz, GRDF, dédiée à la distribution et Elengy, spécialisée dans les terminaux méthaniers. Deux d’entre elles ont déjà vu leur capital partiellement ouvert à… la CDC. En 2011, la Société d’infrastructures gazières (SIG), consortium de la Caisse des dépôts, a été invitée à prendre 25 % du capital de Natran, avant d’y grimper dix ans plus tard à 38,6 %. En 2017, une opération analogue a été enclenchée pour Elengy, avec sa reprise à 100 % par Natran, dont la SIG est désormais l’un des actionnaires. « Ces cessions ont permis dans les deux cas à Engie de garder le contrôle de ces actifs, de pouvoir continuer à en consolider les résultats, tout en récupérant du cash, explique un fin connaisseur de l’entreprise. Ouvrir Storengy procéderait de la même logique. »

Besoin de cash

D’autant que du cash, Engie en a sérieusement besoin. Le groupe dirigé par Catherine MacGregor a annoncé en février 2026 son intention de racheter le distributeur d’électricité britannique UK Power Networks (UKPN). Une acquisition colossale de 18 milliards d’euros (dette comprise), que l’entreprise a prévu de financer notamment par 4 milliards d’euros de cessions d’actifs d’ici 2028. Après avoir déjà vendu Endel à Altrad (5 200 collaborateurs) en 2022, Equans à Bouygues en 2023 (75 000 salariés) et cette année Engie Home Services au fonds d’investissement Latour capital (4 500 salariés) ainsi que l’avait révélé l’Informé, le passage en revue du portefeuille se poursuit donc.

Avec ses 14 sites sur le territoire et ses actifs régulés, le périmètre français de Storengy, dirigé depuis avril 2025 par Charlotte Roule, figure parmi les favoris. En tant qu’infrastructure gazière, son chiffre d’affaires est majoritairement composé des ventes dites « accès des tiers au stockage » (ATS), autrement dit des revenus tirés de l’utilisation des sites de stockage de gaz. Leurs tarifs sont déterminés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour des périodes de quatre ans. Renégociés en 2023, ils sont fixés jusqu’en 2027, donnant aux acquéreurs potentiels de la visibilité financière.

Malgré la baisse tendancielle de la consommation de gaz depuis plusieurs années, Storengy France s’affiche serein. Le gaz reste un complément « indispensable » aux « sources d’énergies renouvelables intermittentes », rappelle-t-il dans ses derniers comptes. L’entreprise « considère que son réseau d’infrastructures gazières sera maintenu pour le stockage du méthane vert (biométhane notamment) ou converti pour permettre le stockage de l’hydrogène » ou encore du CO2. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2026-2035 ne prévoit d’ailleurs aucune fermeture de site de stockage. Quant au dernier rapport de la CRE sur l’avenir des infrastructures gazières à 2050, publié début juillet, il montre que les besoins d’investissement dans le stockage devraient plutôt baisser dans les prochaines décennies.

« Storengy a donc largement de quoi séduire des investisseurs et Engie pourrait être tenté de vouloir faire monter les enchères pour en obtenir le meilleur prix, estime un spécialiste du secteur. Les fonds d’infrastructures sont prêts à mettre des tickets à plusieurs centaines de millions d’euros dans ce genre d’actifs. » Son caractère stratégique oblige cependant l’État (actionnaire à 22,64 % d’Engie) à surveiller de près le dossier. Avec 12,2 milliards de m3 de capacités de stockage, Storengy constitue un élément clé de la sécurité d’approvisionnement énergétique française. Depuis 2023, ces capacités doivent être remplies à 90 % avant les hivers, à la demande de Bruxelles dans la foulée de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.

Contacté, Engie n’a pas souhaité faire de commentaires sur nos informations. La CDC n’a pas répondu à nos sollicitations à l’heure de la publication de notre article.

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