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Continuer la lectureHynamics : EDF cherche des investisseurs pour sa filiale hydrogène vert
Offre professionnelleL’énergéticien public, qui avait d’abord pensé rattacher la start-up à sa filiale EDF Power Solutions, réfléchit désormais à ouvrir son capital à des tiers.
Hynamics, la filiale dédiée à l’hydrogène bas carbone d’EDF, devrait bientôt recevoir d’autres soutiens pour son développement. Selon nos informations, l’énergéticien cherche des partenaires et des investisseurs pour assurer son avenir. Jusqu’à cet été, son sort était encore en balance. Comme l’expliquait l’Informé, le transfert de Hynamics au sein de la filiale verte du groupe, EDF Power Solutions (ex-EDF Renouvelables) était envisagé depuis plusieurs semaines. La piste a finalement été abandonnée et la start-up va rester logée au sein d’EDF Pulse Holding, son actionnaire à 100 %, jusqu’à ce que d’éventuels prospects se manifestent.
Le pari n’est pas forcément simple en cette période trouble pour le secteur de l’hydrogène. Hynamics a achevé l’exercice 2024 sur un résultat négatif de 35 millions d’euros (pour un chiffre d’affaires de 7,22 millions d’euros). Ces pertes sont venues s’ajouter aux 43 millions d’euros déjà cumulés, obligeant EDF à réduire le capital de sa filiale de 79 millions d’euros, en juin dernier. Les difficultés rencontrées par le fabricant français d’électrolyseur McPhy, important fournisseur de Hynamics, ont aussi pesé sur les comptes de la start-up : 5,5 millions d’euros, sur les 16,3 millions d’euros que la société a dû déprécier l’an dernier, y sont liés. Placé en redressement judiciaire en juin, McPhy a été partiellement repris par le groupe belge John Cockerill le 8 juillet.
L’énergéticien n’a pas mégoté pour soutenir le développement de Hynamics depuis son lancement en 2019. Dirigée par Christelle Rouillé, la société a été recapitalisée à plusieurs reprises : 52 millions d’euros en 2022 et 35 millions d’euros en 2023. Avec 160 salariés, elle est active en Allemagne et au Royaume-Uni. Elle produit de l’hydrogène à partir de l’électrolyse de l’eau (et non d’énergies fossiles), essentiellement pour la mobilité. Hynamics a dévoilé cet été un projet de station d’hydrogène destiné à alimenter une partie du réseau de transport public de Cannes, Palm Bus. Elle a déjà mis en service une infrastructure analogue à Auxerre et en finalise d’autres à Belfort et Dunkerque. Pour l’instant positionnée sur des installations de taille modeste (1 à 5 MW), la société espère, à terme, s’imposer avec des puissances supérieures (10 à plusieurs centaines de MW), notamment pour les industriels.
Contraint de financer de multiples projets dans le nucléaire et l’hydraulique notamment, le PDG d’EDF Bernard Fontana continue donc sa revue de détails des activités. Sur l’hydrogène vert, le groupe choisit donc partager les risques avec des partenaires tout en gardant un œil sur la filière. Des banques d’affaires devraient être prochainement mandatées pour ce faire.
Contacté, EDF ne souhaite pas réagir à nos informations.
L’hydrogène vert à la peine
La première stratégie nationale hydrogène (SNH), publiée en 2020, prévoyait la mise en place d’ici 2030 de 6,5 GW de capacités de production d’hydrogène (H2) par électrolyse de l’eau. Cinq ans plus tard, on en est loin. Seulement 0,3 GW ont été « installés ou ont été contractualisés dans le cadre d’un soutien public », rappelle la Cour des comptes dans le rapport qu’elle a publié en juin sur le développement de l’hydrogène décarboné. La nouvelle version de la feuille de route tricolore, parue au printemps 2025 après de nombreux atermoiements, en a d’ailleurs revu le cap.
Elle vise désormais un seuil de 4,5 GW dans cinq ans et de 8 GW en 2035. Le coût encore très élevé de cet hydrogène vert, en comparaison de celui produit à partir d’hydrocarbures, explique cette ambition revue à la baisse. Pour la juridiction financière, seuls des « progrès technologiques significatifs, améliorant les rendements des électrolyseurs, ou une très forte augmentation du prix des quotas carbone » permettront de pallier le problème.
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