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Énergie - Environnement

Engie Home Services : le changement de direction inquiète les salariés

En pleine réorganisation, la filiale d’entretien et de dépannage des systèmes de chauffage d’Engie vient de changer de patron.

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yaroslav astakhov / Kostiantyn - stock.adobe.com

L’arrivée du nouveau patron d’Engie Home Services (EHS), révélée par l’Informé, va être scrutée de près par les quelque 5 000 salariés de la filiale d’Engie, spécialisée dans l’entretien et le dépannage des systèmes de chauffage et de climatisation. Attendu ce lundi 16 octobre, Benoit Pons prend la tête d’une entité en plein doute. La dégradation du chiffre d’affaires en 2022 (505 millions d’euros contre 530 millions d’euros l’année précédente) et du résultat d’exploitation (- 17 millions d’euros contre 22 millions d’euros en 2021) a conduit son prédécesseur Yanick Bigaud à mettre en place au printemps un vaste plan de transformation. Sans bruit, les sept directions régionales ont été réduites à cinq. Plusieurs antennes locales, réparties sur tout le territoire pour mailler les besoins en dépannages des 2 millions de foyers clients, ont aussi été fusionnées. Avec, pour conséquence, une réduction des effectifs : 205 postes ont été supprimés, via un accord de rupture conventionnelle collective (RCC). Le dispositif, qui s’est fait sur le principe des départs volontaires, a fait l’objet d’un processus d’information consultation clôturé en juillet. Une procédure accompagnée par le cabinet LHH, spécialisé dans le conseil en RH et filiale d’Adecco.

Dans ce climat déjà pesant, la nomination de Benoît Pons, qui se présente sur LinkedIn en « spécialiste des situations de transformation et de redressement dans la distribution et les réseaux de services B2B », interroge en interne. « C’est la première fois qu’ils vont chercher un dirigeant à l’extérieur de l’entreprise. Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ?  Nous redoutons à terme une restructuration d’envergure », reprend le syndicaliste, inquiet par les derniers mouvements engagés par Engie. En 18 mois, l’énergéticien s’est séparé massivement d’activités dédiées aux services, en raison de leurs faibles marges. Le groupe dirigé par Jean-Pierre Clamadieu et Catherine MacGregor a cédé Endel (maintenance nucléaire et industrielle, 5 000 collaborateurs) à Altrad, et Equans (services multitechniques, 75 000 salariés) à Bouygues. Depuis, par petites touches, il continue de réduire la voilure et vient ainsi de vendre la business line nucléaire de sa branche Engie Solutions comme nous l’avons révélé.

L’avenir très incertain du chauffage à gaz renforce aussi les inquiétudes sur le futur d’EHS. Et les dernières annonces d’Emmanuel Macron fin septembre ne devraient pas les apaiser. Pour accélérer la décarbonation des systèmes de chauffage, le gouvernement a annoncé la revalorisation des aides aux particuliers qui choisiront des équipements géothermiques ou de type pompes à chaleur. Celles-ci devraient d’ailleurs voir leur production tripler en France d’ici 2027. « Les techniciens d’EHS sont essentiellement des chauffagistes. Adapter leurs compétences à ces autres technologies nécessiterait d’engager des formations massives, pointe un représentant du personnel. Il est plus simple pour Engie de tailler dans les coûts pour améliorer les marges et d’envisager à terme une vente à la découpe d’EHS. »