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Énergie - Environnement

Corruption et détournement chez Enedis : l’affaire rebondit chez EDF

L’enquête du PNF sur des soupçons de malversations de salariés du distributeur d’électricité fait tache d’huile au sein de sa maison mère, qui vient de mettre à pied quatre collaborateurs.

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MIGUEL MEDINA / AFP

Dix mois après les perquisitions effectuées par la brigade de répression de la délinquance économique de la préfecture de police de Paris (BRDE) chez Enedis, le dossier rebondit chez EDF. Selon nos informations, la maison mère du distributeur d’électricité vient, à son tour, de relever de leurs fonctions quatre collaborateurs, travaillant au sein de la division numérique de sa direction de la production nucléaire et thermique (DPNT). Leur point commun : avoir tous travaillé au sein de la direction des systèmes d’information (DSI) d’Enedis dans les années 2010, sur le projet du compteur communicant Linky.

Or, depuis mi-2024, la filiale d’EDF est dans le viseur du Parquet national financier (PNF) pour des soupçons de malversations commises par des salariés dans l’un des pôles de sa DSI. Comme l’avait révélé l’Informé, une enquête préliminaire, initiée à la suite d’une plainte déposée par Enedis, a été ouverte l’an dernier pour des faits de corruption, détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts, favoritisme, recel et blanchiment, entraînant une perquisition fin juillet dans les locaux du groupe. Après un audit interne, des sanctions ont été prises par le distributeur d’électricité en septembre à l’encontre de plusieurs collaborateurs du groupe, dans le cadre de commissions de discipline. Ils sont soupçonnés d’avoir favorisé des prestataires sur certains marchés.

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Inquiet des conséquences pour son image, EDF a confié à son secrétaire général Brice Bohuon le soin de vérifier que des pratiques analogues n’ont pas été « importées » dans ses murs. L’exercice d’introspection mené par le groupe a conduit à cette nouvelle séquence, visant cette fois quatre de ses collaborateurs. Tous travaillent au sein du programme Vision 2035. Lancé il y a un an et déployé dans la division numérique de la DPNT de l’énergéticien, il vise à accélérer la transformation numérique du système d’information de la direction chargée du parc nucléaire, pilotée par Cédric Lewandowski.

Cette sanction collective met sur des charbons ardents le patron de la division Ayhan Yildiz, promu en janvier à la tête de l’entité, refondue dans le cadre de la récente réorganisation des activités numériques d’EDF (voir votre article). L’intéressé a en effet été responsable du système Linky chez Enedis entre 2010 et 2017, où il a travaillé avec les salariés concernés. Lesquels l’ont rejoint ensuite chez EDF ces derniers mois, affectés à des postes de responsabilités au sein de Vision 2035.

EDF n’a pas souhaité commenter nos informations. De son côté, Ayhan Yildiz n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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