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Énergie - Environnement

Après sa réorganisation nucléaire, EDF entame sa mue numérique

Pour réduire les coûts et accélérer les synergies internes, le groupe présidé par Luc Rémont remet à plat l’organisation de son informatique. 2 300 salariés sont concernés.

EDF
EDF DENIS CHARLET / AFP

Chez EDF, un chantier en appelle un autre. Pour se mettre en ordre de marche face aux gigaprojets qui l’attendent (rénovation et prolongation de son parc de centrales, construction de six EPR2, développement de projets dans le renouvelable…), l’énergéticien poursuit sa vaste transformation. La refonte de ses activités nucléaires étant posée, le groupe public présidé par Luc Rémont démarre la rationalisation de ses directions numériques. Objectif : réduire les coûts informatiques, mieux satisfaire les clients internes (les entités d’EDF) et accélérer des synergies aujourd’hui insuffisantes. Une vaste entreprise qui touchera 2 300 salariés.

Les grandes lignes ont été présentées ces dernières semaines aux entités concernées et aux partenaires sociaux, dans le cadre d’un processus d’information consultation. Depuis, le calendrier se dessine : le comité social et économique central (CSEC), censé rendre son avis mi-octobre prochain, s’apprête à mandater un cabinet d’expertise pour se pencher sur son contenu. Il n’est pas le seul à turbiner, les CSE des directions informatiques du groupe vont également lancer des consultations.

En l’état, le grand chamboule-tout imaginé prévoit la création d’une DSI « tête de filière », qui aurait un rôle de prescripteur pour l’ensemble des DSI existant dans les différentes branches d’EDF (commerce, ingénierie, trading…). « L’idée est de standardiser au maximum les outils numériques pour gagner en temps et en efficacité et éviter que les DSI métiers ne réinventent des outils à chaque fois », explique Antoine Bienvenu, délégué syndical CFDT. Cette organisation centrale statuera par exemple sur les outils digitaux à garder, à abandonner ou à mutualiser.

Côté gouvernance, c’est Véronique Lacour, la patronne de la direction exécutive groupe transformation et efficacité opérationnelle (DTEO), qui aura la supervision sur cet ensemble. Celui-ci sera lui-même structuré en plusieurs entités. En haut, une structure faîtière chargée de piloter la DSI, appelée direction groupe gouvernance et stratégie numérique (D2GSN). Elle devrait être confiée à Vincent Niebel, DSI groupe depuis 2020. Une direction opération groupe IT (Digit) accueillera le gros des effectifs (1 600 personnes) chargés de la gestion des infrastructures IT de l’entreprise. Aux manettes : Christophe Massis, jusqu’ici directeur de l’Unitep, l’entité SI de la direction du parc nucléaire et thermique (DPNT). Deux centres d’excellence, l’un dédié à la cybersécurité et l’autre à l’IA et au développement des datas, rassembleront par ailleurs une partie des activités jusqu’ici réparties dans les SI du groupe. Olivier Ligneul et Franck Michon pourraient en prendre la tête.

Sur le terrain, la réorganisation entraîne quelques mouvements de troupes. L’Unitep disparaîtra ainsi au 31 décembre : les deux tiers de ses effectifs rejoindront la DTEO, tandis que le dernier tiers constituera la division numérique de la DPNT, laquelle sera dirigée par Ayhan Yildiz.