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Continuer la lectureSNCF : Jean-Pierre Farandou se voit président deux ans de plus
Le gouvernement de Michel Barnier a accepté une prolongation du mandat du P-DG de la SNCF jusqu’au printemps prochain. Désormais, Jean-Pierre Farandou pousse l’idée d’une dissociation de ses fonctions, qui lui permettrait de se maintenir comme président non-exécutif.
À la SNCF, les négociations annuelles (NAO) avec les syndicats viennent de débuter. Elles s’annoncent extrêmement difficiles, après plusieurs années de revalorisation forte, justifiée par l’inflation et la nécessité de relancer l’attractivité des métiers. Le risque élevé de nouvelles tensions sociales sur les salaires est une des raisons qui ont fait pencher le gouvernement de Michel Barnier en faveur d’un maintien en fonction de l’actuel patron, Jean-Pierre Farandou, alors que le précédent gouvernement avait décidé qu’il serait remplacé « après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ». « Tout le monde attend de voir comment vont se dérouler les négociations sur les NAO avant de prendre une décision, indique une source ministérielle. Le P-DG va donc être maintenu le plus longtemps possible, potentiellement jusqu’à sa limite d’âge ». Cette dernière est fixée dans les statuts du groupe à la prochaine assemblée générale qui doit approuver les comptes du groupe SNCF pour l’exercice 2024, c’est-à-dire au printemps prochain. Cela correspondait d’ailleurs au souhait initial de Jean-Pierre Farandou, qui aura 68 ans en juillet prochain.
Ce dernier a évoqué cette prolongation de son mandat en marge d’une réunion du conseil d’administration du groupe SNCF ce jeudi, selon nos informations. Le président-directeur général en profite pour pousser un nouveau scénario : une dissociation de ses fonctions, au printemps, qui lui permettrait de conserver la présidence tandis que la direction générale exécutive du groupe serait confiée à un nouveau titulaire. Cette séparation, qui relève toutefois du seul choix de l’État, actionnaire à 100 % de la SNCF, décalerait de deux ans son départ. Celui-ci n’interviendrait, dans ce cas, qu’au moment de l’assemblée générale de la SNCF du printemps 2027. Car les statuts du groupe fixent la limite d’âge pour le président à 70 ans, contre 68 ans pour le P-DG. « Cette dissociation serait une solution si l’État ne trouvait pas la perle rare, capable de reprendre seul la barre de la SNCF d’ici le mois de mai prochain », relève un cheminot.
En attendant, le P-DG a pris les devants pour éviter un désaveu public comme ce fut le cas, en mai dernier, à propos de l’accord d’entreprise sur les fins de carrière : le patron avait été vertement critiqué par l’ex-ministre de l’économie Bruno Le Maire, qui affirmait ne pas avoir « été averti » des négociations sur cet accord jugé « très provocant pour beaucoup de nos compatriotes qui travaillent dur et qui ont accepté la réforme des retraites ». Désormais, la direction de la SNCF réclame un cadrage clair sur les marges de manœuvre dont elle disposera dans les négociations qui démarrent sur les salaires, selon nos informations. Du côté de l’exécutif, on indique pour l’instant que « chacun doit faire des économies » pour atteindre l’objectif de réduction des dépenses, fixé à hauteur de 60 milliards d’euros dans le projet de budget pour 2025.