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Continuer la lectureLe personnel au sol d’Air France lésé face aux pilotes ? FO attaque la direction
Une plainte a été déposée par le syndicat pour que le calcul des indemnités kilométriques des agents de piste rejoigne celui du personnel navigant. La direction de la compagnie réagit en proposant une conciliation.
Chez Air France, l’inégalité ne passe plus. Au sein de la compagnie aérienne, les salariés ne bénéficient pas des mêmes indemnités kilométriques selon qu’ils sont agent de piste ou pilote de ligne : pour un trajet quotidien domicile-travail de 50 km, un membre du personnel au sol (avitailleur, chef d’escale, agent d’entretien…) touche 233 euros par mois, quand un collègue de l’équipe navigante (pilotes, stewards et hôtesses) perçoit 48 % de plus, soit 345 euros. Un traitement inacceptable pour le syndicat FO qui a fait de l’alignement des barèmes un de ses chevaux de bataille.
La direction prévoyait de réduire l’écart lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les rémunérations. Mais, voyant les échanges s’enliser, le syndicat a préféré porter plainte en janvier dernier contre la direction d’Air France. La première audience était prévue au 25 septembre au conseil des prud’hommes de Bobigny. Mais, la direction vient de faire volte-face : elle choisit finalement la voie de la médiation, un dispositif de règlement amiable entre deux parties ouvert par la loi Macron du 7 août 2015.
Dans un courrier consulté par l’Informé, l’état-major d’Air France propose « de discuter dans le cadre d’un dispositif de médiation juridique de la façon dont nous pouvons solder les contentieux individuels en cours initiés ». Il laisse la liberté au syndicat de choisir le médiateur qui conduira les négociations dans une liste de quatre noms qu’elle a présélectionnés. Le dispositif, gratuit (à la différence d’un procès) et sans engagement, a été accepté par FO Air France.
À l’origine, Air France, comme nombre d’autres entreprises, a mis en place un système pour indemniser ses salariés d’une partie des frais engendrés pour effectuer les déplacements domicile-travail (« indemnités kilométriques véhicule ») ou des trajets purement professionnels (« indemnités kilométriques de service »). Mais au sein de la compagnie, des disparités entre le traitement des personnels au sol (avitailleur, chef d’escale, agent d’entretien…) et le personnel navigant (pilotes, stewards et hôtesses) se sont installées dans le temps. En effet, les négociations salariales n’y sont pas propres à l’ensemble des salariés comme dans la plupart des entreprises : elles se déroulent de façon séparée pour chacune des catégories de salariés (navigant, navigant commercial, personnel au sol)
« Les frais de déplacements sont supportés de la même façon par tous les salariés, il est incompréhensible que certaines catégories soient mieux indemnisées que d’autres », s’insurge un délégué du syndicat. Le personnel navigant du transport aérien a des règles d’emplois atypiques, notamment en matière de temps de travail, qui justifient toutefois des différences de rémunération. Pour les compenser, des primes spécifiques ont notamment été mises en place en leur faveur (prime de vol, majoration long courrier, prime d’immobilisation sur ordre, prime d’affectation aux Antilles,…). Mais, concernant le traitement différencié des indemnités kilométriques, FO dénonce une « injustice insupportable ».