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Transports - Auto

Le fabricant grenoblois de batteries Verkor boucle une levée de fonds XXL

L’entreprise s’apprête à dévoiler la finalisation d’une opération de près de 2 milliards d’euros. L’Etat y joue un rôle clé, accompagné d’un parterre de prestigieux investisseurs.

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Jasmin Merdan - stock.adobe.com

C’est l’opération de tous les superlatifs. Verkor, l’entreprise grenobloise de fabrication de batteries, achève une levée de près de 2 milliards d’euros pour construire sa future usine de Bourbourg, sur le Grand port de Dunkerque. Les promoteurs du projet espèrent même une prise de parole d’Emmanuel Macron en personne ce jeudi 14 septembre à Paris pour célébrer ce symbole de la réindustrialisation française, lors d’une visite au cabinet d’avocats d’affaires Hogan Lovells, partie prenante de l’opération.

Pour parvenir à cette somme colossale, Verkor s’appuie sur une injection de capital d’environ 800 millions d’euros alimentée par un parterre de prestigieux investisseurs. L’australien Macquarie, dont le nom a été évoqué par les Echos en mai, va mettre le plus gros ticket avec une enveloppe d’au moins 300 millions d’euros. Il est suivi selon nos informations par le fonds d’infrastructure français Meridiam, dirigé par Thierry Déau, ainsi que par le Fonds stratégique de participations, géré par Isalt. Ce véhicule d’investissement est détenu par sept grands assureurs français : BNP Paribas Cardif, CNP Assurances, Crédit Agricole Assurances, Groupama, Natixis Assurances, Société Générale Assurances et Suravenir. Il est notamment connu pour avoir investi chez Seb, Arkema, Eutelsat Communications, Tikehau Capital ou bien encore Elior.

Partenaire historique majeur de Verkor, Renault participe aussi à l’opération. Le 13 avril, la marque au losange s’est engagée à acheter l’équivalent de 12 GigaWatts/heure de batteries de la future gigafactory, sur un total de 16 (soit de quoi équiper 300 000 véhicules), et ce pendant près de dix ans. Les batteries Verkor équiperont notamment les véhicules des segments supérieurs des marques de Renault, dont le futur C-Crossover GT électrique d’Alpine, qui sera fabriqué dès 2025 à Dieppe.

Verkor bénéficie aussi d’un investissement du sud-africain Sibanye-Stillwater, le plus gros producteur de platine au monde, et dans le top 3 des plus gros extracteurs de palladium et d’or. L’an dernier, ce dernier était déjà entré au capital de la pépite tricolore à l’occasion d’un partenariat stratégique devant aboutir au développement de batteries bas carbone. « D’autres investisseurs pourraient rejoindre l’opération, car un mécanisme de sur-allocation a été mis en place pour lever davantage que l’enveloppe de capitaux initiale », confie un fin connaisseur du dossier.

À cela s’ajoutent de nombreuses subventions et de la dette. « Les derniers points ne sont pas encore totalement arrêtés, mais l’accord de principe est là », souffle l’une des parties prenantes à l’opération. L’Etat entend mettre le paquet : France 2030, un vaste plan d’investissement présenté par Emmanuel Macron il y a deux ans, devrait notamment être mis à contribution. Il est piloté par le Secrétariat général pour l’investissement pour le compte du Premier ministre, et mis en œuvre par l’Agence de la transition écologique (ADEME), l’Agence nationale de la recherche (ANR), Bpifrance et la Caisse des Dépôts. Selon Les Echos, cette dernière est aussi attendue  au travers d’un investissement en quasi-fonds propre, aux côtés de la Banque européenne d’investissement. De quoi sécuriser les banques, également appelées à participer.

Le projet industriel est pharaonique. Il s’étalera sur l’équivalent de 110 terrains de football et permettra le recrutement de 1 200 salariés, avec une perspective de 2 000 à horizon 2030. Une aubaine pour les Hauts de France, qui accueille aussi la gigafactory d’Automotive Cells Company sur le site de Douvrin.