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La SNCF se cherche (aussi) un vice-président

Alors que le sort du PDG Jean-Pierre Farandou n’est toujours pas scellé, l’administrateur nommé par l’État Frédéric Saint-Geours quittera son mandat au printemps.

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ERIC PIERMONT / AFP

C’est un pilier de la SNCF qui s’apprête à quitter ses fonctions au printemps prochain. Après dix ans aux manettes, Frédéric Saint-Geours, âgé de 74 ans, cédera son mandat d’administrateur et de vice-président du conseil d’administration du groupe lors de la prochaine assemblée générale qui entérinera les comptes de l’année 2024. La raison ? Il sera atteint à cette date par la limite d’âge, fixée dans les statuts à 75 ans. Le conseil a été averti de son départ prochain, sans que la procédure de recrutement de son successeur, et notamment le recours à un chasseur de têtes, n’ait été encore tranchée. Également administrateur de Bpifrance Investissement et Bpifrance Participations, deux filiales de la banque publique, Frédéric Saint-Geours est représentant de l’État au conseil du groupe ferroviaire : son remplacement va faire l’objet d’échanges entre la direction de la SNCF et l’Agence des participations de l’État (APE).

Cet énarque passé par PSA Peugeot-Citroën, ancien patron de l’UIMM et du Groupe des fédérations industrielles (dissous dans France Industrie), fait partie de la gouvernance de l’entreprise depuis la réforme de 2014. Cette année-là, il est désigné par l’État comme président du conseil de surveillance du nouvel Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) SNCF, tandis que Guillaume Pepy en devient le président du directoire. Pour obtenir ce poste non exécutif, Frédéric Saint-Geours reçoit notamment le soutien de Louis Gallois, ancien dirigeant emblématique de la compagnie, croisé dans les cabinets ministériels du premier quinquennat de François Mitterrand. Il a notamment été conseiller du ministre des transports Louis Mermaz en 1981, puis directeur de cabinet du ministre du budget Henri Emmanuelli en 1984.

Lors de la réforme de la SNCF en 2019, il est maintenu par l’État au sein de la gouvernance, en tant qu’administrateur de la nouvelle holding SNCF. « Frédéric Saint-Geours n’est pas un technicien ferroviaire mais un fin connaisseur des investissements et des techniques de gestion financière propres à un grand groupe, indique un administrateur. On lui doit aussi une grande partie de la dernière réforme, et notamment le maintien de SNCF Réseau au sein du groupe aux côtés de Voyageurs, Gares & Connexions, Keolis et Geodis. »

Son remplacement intervient à un moment charnière pour la SNCF : son PDG, Jean-Pierre Farandou, a obtenu de l’État, en septembre, d’être prolongé jusqu’à la prochaine assemblée générale au printemps prochain. « Il doit aujourd’hui s’activer pour préparer la suite avec l’État même si l’instabilité politique actuelle rend totalement incertain tous les sujets de gouvernance », juge un autre administrateur. La préférence de Jean-Pierre Farandou va à une nouvelle prolongation de son propre mandat : soit par une modification des statuts repoussant la limite d’âge actuelle de 68 ans qui l’atteindra à la prochaine assemblée générale, soit par une dissociation des fonctions de président et de directeur général qui lui permettrait de repousser de deux ans son départ. « L’État ne voudra pas autoriser un changement de la limite d’âge dans les statuts, cela créerait un appel d’air dans les autres entreprises publiques pour réclamer la même modification », estime un proche du groupe.

Ancien administrateur de Casino jusqu’à la prise de contrôle, en juillet, du distributeur par Daniel Kretinsky, Frédéric Saint-Geours, reste membre du conseil d’administration de Bpifrance Investissement (dont les statuts ne comportent pas de limite d’âge) et de Bpifrance Participations (où il est le seul âgé de plus de 70 ans alors que la limite est fixée à un tiers des administrateurs).