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Grand Paris Express : retard en vue pour l’ouverture de la ligne 18

Des difficultés dans l’intégration des systèmes d’information pourraient décaler de plusieurs mois le lancement commercial, initialement prévu fin octobre, de la première des quatre nouvelles lignes de métro que comptera l’Île-de-France.

Le chantier du viaduc de la future ligne 18 du Grand Paris Express, sur le plateau de Saclay en 2023.
Le chantier du viaduc de la future ligne 18 du Grand Paris Express, sur le plateau de Saclay en 2023. ARNAUD PAILLARD / Hans Lucas via AFP

Ils sont des dizaines de milliers à attendre avec impatience le métro qui les emmènera depuis la gare TGV et RER de Massy-Palaiseau jusqu’au plateau de Saclay et son campus académique et scientifique. Rien que pour le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables), ce sont 7 000 salariés qui prennent aujourd’hui leurs voitures ou le bus pour se rendre au travail. Ils ont chacun fin octobre en ligne de mire, la date officielle de mise en service de la ligne 18 entre Massy et les stations Polytechnique, Université Paris-Saclay (Orsay-Gif-sur-Yvette) et Christ de Saclay. Ce tronçon sera la première réalisation de la Société des Grands Projets (SGP), qui doit ouvrir ensuite les lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris Express.

Mais selon nos informations, les Franciliens pourraient être contraints de patienter quelques mois supplémentaires pour en profiter. Le retard ne serait pas dû à l’avancement des travaux de la future ligne 18 : le viaduc de 6,7 km sur le plateau de Saclay est construit, les rails sont posés et les quatre stations sont finalisées. Un premier jalon d’exploitation a même été franchi le 13 mars dernier, avec un métro élancé à vitesse maximale (110 km/h) sur le viaduc et un premier roulage en mode automatique.

L’inquiétude porte plutôt sur l’intégration des systèmes informatiques et de signalisation, qui doivent contrôler la bonne marche de l’exploitation sur l’ensemble de la ligne et dans les stations. La SGP, présidée par Jean-François Monteils, aurait besoin de plus de temps que prévu pour réaliser cette opération technique très délicate. La RATP, qui doit prendre en main la nouvelle infrastructure (les voies et les gares), et Keolis, qui sera l’exploitant de la ligne 18, ont, chacun, fait remonter des « signaux d’alerte », selon plusieurs sources.

« Il y a des retards qui sont remontés des premiers tests de l’infrastructure, constate un proche du dossier. Keolis juge que les bonnes conditions pour une marche à blanc [la phase de tests en conditions d’exploitation réelle, ndlr] ne sont pas réunies à l’heure actuelle. » À la RATP, on entend faire preuve de « vigilance » dans la prise en main de l’infrastructure, qui devra fonctionner selon les termes prévus par le contrat.

Fixée au 1er août prochain, la « Remise en gestion technique » (RGT), terme qui recouvre le transfert effectif de la responsabilité du nouvel équipement aux deux opérateurs, pourrait être décalée, le temps que la SGP le livre dans de bonnes conditions. Selon plusieurs sources, le transfert pourrait être reporté jusqu’en octobre. En conséquence, la mise en service de la ligne 18 devrait être retardée elle aussi, probablement à la fin de l’année. Car la RGT doit être suivie d’une série de « marches à blanc », dont la durée de trois mois ne peut être réduite.

Interrogée, la SGP n’entend pas modifier ses calendriers de livraison et de mise en service. « Les essais et les aménagements de gare se déroulent dans le planning prévu, sans difficulté particulière, assure un porte-parole. Nous travaillons activement avec Keolis, la RATP et IDFM, pour assurer le transfert de la ligne dans les meilleures conditions, garantissant ainsi la qualité de service pour l’usager. »

Mais plusieurs sources au fait du dossier affirment que la SGP a bien « notifié des points de retard dans l’avancement » du chantier, tout en affirmant qu’elle entendait les « rattraper pour une livraison en temps et en heure ». « Les retards s’accumulent sur ce chantier énorme : un transfert au 1er août est de moins en moins probable », indique une source. La présidente de la région Île-de-France et d’IDFM, Valérie Pécresse, a prévu un déplacement le 26 mai prochain sur le chantier de la ligne 18. Un arbitrage pourrait être rendu à cette occasion.

Contactés, IDFM, la RATP et Keolis n’ont pas souhaité commenter nos informations.

La ligne 18 ouvrira en 2027 un deuxième tronçon vers l’Est, reliant Massy-Palaiseau à l’aéroport d’Orly, avant d’être étendu à l’Ouest jusqu’à Versailles-Chantiers en 2030. Avec un coût approchant au total les 3 milliards d’euros, le métro automatique permettra de relier Orly à Versailles en 30 minutes. Plus de 110 000 voyageurs quotidiens sont attendus.

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