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Continuer la lectureGrand Paris Express : Keolis en passe de remporter l’exploitation de la ligne 18
La filiale de la SNCF et de la Caisse des dépôts du Québec devrait être désignée mi-juin par Île-de-France Mobilités, au détriment notamment de la RATP. La ligne doit relier à partir de 2030 l’aéroport d’Orly à Versailles.
C’est le dernier contrat pour l’exploitation d’un métro à Paris qui restait à attribuer. Et la RATP devrait une nouvelle fois voir une partie du marché des mobilités en Île-de-France lui échapper. L’autorité francilienne chargée des transports présidée par Valérie Pécresse, IDFM, devrait en effet attribuer à Keolis l’exploitation de la future ligne 18 du Grand Paris Express, selon nos informations. Un premier tronçon de cette ligne longue de 35 km au total doit être mis en service en 2026, entre Massy-Palaiseau et le plateau de Saclay. Avant un second l’année suivante entre Massy et l’aéroport d’Orly. Sa prolongation finale jusqu’à Versailles-Chantiers est prévue en 2030. La ligne comportera, pour sa partie centrale, un viaduc extérieur de 6,7 km, en cours de construction. À terme, ce sont 28 trains qui desserviront les 10 gares de la ligne 18, dont les écoles du plateau de Saclay, le Technocentre de Renault ou encore le pôle économique d’Orly-Rungis. 100 000 voyageurs sont attendus avec, pour les heures de pointe, des pics de fréquentation à plus de 10 000 voyageurs par heure.
La décision d’attribution à Keolis devrait être proposée au conseil d’administration d’IDFM, dont la prochaine réunion est prévue le 18 juin. Pour l’exploitation du futur métro automatique, la filiale de la SNCF (70 %) et de la Caisse des dépôts et placements du Québec (30 %) a finalement été préférée à RATP Dev, la filiale du groupe présidé par Jean Castex, qui visait le marché. L’italien ATM avait également remis une offre, en consortium avec Egis, spécialiste français de l’ingénierie et de la gestion d’infrastructures. Cette entreprise publique, qui exploite des métros automatiques à Milan et Copenhague, ne cache toutefois pas qu’elle candidatera aux futurs appels d’offres franciliens, notamment ceux concernant l’exploitation des bus en petite couronne. Transdev n’a pas remis d’offre, selon nos informations.
Keolis exploite des métros automatiques à Lille, Lyon (perdu dernièrement au profit de RATP Dev), Doha et Dubaï. Avec RATP, autre spécialiste mondial de cette technologie (lignes 1, 4 et 14 à Paris, au Caire, à Doha, à Riyad et à Sidney), les deux entreprises se sont affrontées pour les quatre lignes du Grand Paris Express mises en jeu par IDFM depuis 2020. Keolis a gagné la première manche en mai 2023 en remportant l’exploitation des lignes 16 (de Saint-Denis-Pleyel à Noisy-Champs) et 17 (de Saint-Denis-Pleyel au Mesnil-Amelot). La ligne 15, le grand métro circulaire autour de Paris, avait été attribuée à la RATP en juin 2023, via un consortium associant RATP Dev à Alstom et le singapourien ComfortDelGro.
En remportant la ligne 18, l’entreprise présidée par Marie-Ange Debon récupère dans le lot l’exploitation de la gare de l’aéroport d’Orly, son terminus à l’est. Celle-ci a vocation à être un des futurs points de trafic les plus importants de la région, car elle sera aussi le nouveau terminus sud de la ligne 14, dont le prolongement doit être inauguré le 24 juin, à un mois des Jeux Olympiques de Paris 2024. La RATP, qui assure les opérations de ce métro automatique reliant Orly à Saint-Denis-Pleyel en passant par le centre de Paris, voit donc la gestion des deux terminus lui échapper : Keolis, en tant que futur exploitant de la ligne 16, était déjà chargé du terminus au nord, Saint-Denis-Pleyel.
Contacté, IDFM indique « ne jamais commenter des procédures en cours d’appel d’offres ».