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Continuer la lectureFlorence Parly de nouveau en piste pour la présidence d’Air France-KLM
Le conseil d’administration du groupe a proposé la nomination comme administratrice de l’ex-ministre des Armées d’Emmanuel Macron. Une première étape avant de succéder en 2025 à Anne-Marie Couderc comme présidente non exécutive.
Après plus d’un an d’attente et de tergiversations, Florence Parly devrait voir sa patience récompensée. Le conseil d’administration d’Air France-KLM qui se réunit ce jeudi 7 décembre a proposé sa nomination comme administratrice, selon nos informations. Âgée de 60 ans, Florence Parly reprendra le siège d’Isabelle Parize, qui avait démissionné au 30 juin dernier de ses fonctions. Le conseil avait décidé en juillet dernier « de ne pas pourvoir à son remplacement dans l’immédiat ». Florence Parly fera donc son grand retour au sein d’un groupe qu’elle avait intégré en 2006 pour occuper divers postes, dont la direction de l’activité Cargo puis celle de l’activité court-courrier, avant d’en claquer la porte en 2014 pour rejoindre la SNCF.
Son arrivée sera entérinée lors de la prochaine assemblée générale du groupe en juin prochain. L’ancienne ministre des armées d’Emmanuel Macron ne devrait pas s’y contenter d’un siège d’administrateur : c’est en effet elle qui devrait ensuite succéder à Anne-Marie Couderc, âgée de 73 ans, à la présidence d’Air France-KLM. Une fonction non exécutive aux côtés de Ben Smith, le directeur général du groupe franco-néerlandais, qui a approuvé sa nomination.
Une chasse de tête avait été lancée il y a un an pour trouver une personnalité capable d’épauler la direction notamment dans les relations avec les États français et néerlandais, tous deux actionnaires du groupe (à hauteur de, respectivement, 29 % et 9 %). Menée par le cabinet Heidrick & Struggles, elle a balayé tout l’éventail parisien des administratrices possibles pendant de nombreux mois. L’ex-présidente de la RATP, Catherine Guillouard, ou l’ancienne dirigeante du fonds Eurazeo, Virginie Morgon, ont notamment été reçues, selon nos informations. Mais c’est finalement celle qui s’était imposée comme favorite au départ qui a donc été recommandée.
Lorsque son nom fut évoqué mi 2022 dans la presse, la perspective avait provoqué quelques remous en interne. Notamment du côté des pilotes de la compagnie française qui avaient mal digéré la réduction de voilure de la flotte cargo et la restructuration du court-courrier, quand la dirigeante en avait la responsabilité. « C’est vrai que les épisodes ont laissé des traces, mais il faudra que les syndicats de pilotes reviennent à la raison et acceptent que c’est la meilleure candidate pour défendre les intérêts de la compagnie vis-à-vis de l’État », confiait fin novembre un proche du groupe. D’ailleurs, du côté des pilotes, l’opposition n’était dernièrement plus aussi franche qu’il y a un an.
Florence Parly est déjà administratrice de nombreuses entreprises de premier plan : la Caisse des dépôts et consignations, l’opérateur satellite Eutelsat, l’institut de sondages Ipsos, la start-up du nucléaire Newcleo et, tout dernièrement, le jeune groupe grenoblois de batteries électriques Verkor. À chaque fois, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique a donné son feu vert « avec réserves ». En particulier, l’autorité indépendante réclame que l’ancienne membre des gouvernements d’Édouard Philippe puis de Jean Castex « s’absten[ienne], dans le cadre de sa nouvelle activité professionnelle (…) de toute démarche, y compris de représentation d’intérêts, auprès des membres du Gouvernement en exercice qui l’étaient en même temps qu’elle (…) jusqu’à l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la cessation de la relation de travail entre Madame Parly et la personne concernée ». Une interdiction qui empêche notamment Florence Parly de prendre contact avec la Première ministre, Élisabeth Borne, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, jusqu’en… juin 2025.
Un délai particulièrement long qui amènerait le conseil d’administration du groupe Air France-KLM à différer d’un an supplémentaire la nomination de Florence Parly à la présidence. Initialement, Anne-Marie Couderc, atteinte par la limite d’âge, devait abandonner son mandat lors de l’assemblée générale des actionnaires de juin 2024. L’échéance qui avait déjà été repoussée une première fois, fin 2022, devrait être une nouvelle fois décalée. Florence Parly ne devrait prendre la présidence du groupe qu’en 2025.
Contacté, le groupe n’était pas en mesure de commenter nos informations. Florence Parly n’a pas répondu à nos sollicitations à l’heure où nous publions notre article.