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Continuer la lectureChez le gestionnaire du RER et du métro parisien, la direction se déplace en voiture de fonction
Île-de-France Mobilités incite à recourir aux transports en commun, au vélo et à la marche. Mais ses dirigeants préfèrent les voitures de fonction. Le gouvernement songe justement à durcir la réglementation sur le sujet.
« Île-de-France Mobilités s’attache à favoriser les solutions de déplacement les plus vertueuses écologiquement » . Vélo, bus, métro, tramways… Le gestionnaire des transports en commun franciliens n’est pas peu fier de son réseau, capable de supporter les 9,4 millions de trajets quotidiens de ses clients. Les transports en commun « c’est bon pour la santé » se réjouissait même récemment son directeur général, Laurent Probst, sur Twitter, en relayant une étude de l’Union des Transports publics soulignant les bienfaits de la marche.
Mais lui préfère quand même se déplacer… en voiture. Comme ses deux adjoints, le directeur dispose d’un véhicule de fonction. Le patron roule en Renault Espace V – un modèle thermique qui émet 140 grammes de CO₂ au km - avec chauffeur. Ses N-1 utilisent, pour l’un, une Zoé électrique, pour l’autre, une Peugeot 3008 essence. « Depuis 2016, IDFM a fait évoluer son parc de véhicules, tempère-t-on en interne. Auparavant, la direction générale et l’ensemble des directeurs pouvaient en avoir un. » Le nombre de voitures de fonction est donc passé de 14 à 3. Et de préciser que le chauffeur recruté pour Laurent Probst est mis à disposition la moitié du temps au reste de l’entreprise.
Selon l’Agence Régionale Énergie Climat d’île de France, les émissions de CO₂ du transport routier représentent 29 % des émissions totales, et posent un sérieux problème de qualité de l’air. Le secteur public n’est pas exemplaire en matière de mobilité décarbonée : son parc automobile comptait encore autour de 65 000 voitures en 2015 . Mais les entreprises privées restent bien sûr les principales adeptes des bolides de fonction, avec plus de 3, 5 millions automobiles. Des véhicules le plus souvent thermiques selon Arval, filiale de BNP spécialisée dans la location longue durée : seuls 44% sont hybrides ou électriques.
Au ministère de la Transition écologique, une réflexion vient tout juste d’être lancée sur ces flottes, pour tenter de faire évoluer les usages à l’heure du télétravail et de la sobriété. « C’est un avantage pour les salariés qui est dépassé, remarque-t-on au ministère. Le gouvernement encourage un mode de transport énergivore, alors que la Stratégie Nationale Bas Carbone vise à diviser par deux la consommation d’énergie. » Car, rappelons que pour un employeur, il est fiscalement plus intéressant de fournir une voiture à un salarié que de gonfler son salaire et payer les charges qui vont avec.