L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureBornes électriques : EDF cherche un fonds pour booster sa filiale Izivia
L’énergéticien cherche un partenaire financier prêt à aider sa filiale Izivia à agrandir son réseau de points de recharge. Un investisseur néo-zélandais serait bien placé.
Quand le marché est prometteur mais que les moyens manquent… Selon plusieurs sources, EDF, dans une situation financière déjà délicate, cherche actuellement un partenaire financier pour l’aider à développer Izivia, sa filiale spécialisée dans les bornes de recharge de véhicules électriques. « L’énergéticien a suffisamment à faire avec ses investissements dans son parc nucléaire, et cherche donc un partenaire pour apporter des ressources à Izivia » , résume un banquier.
Conseillé par la banque Macquarie, EDF est entré en contact avant l’été avec des investisseurs, essentiellement des fonds d’infrastructure. Les discussions en seraient aujourd’hui à un stade assez avancé. Selon nos informations, le néo-zélandais Morrison, qui est ici assisté par Rothschild & Co, serait bien placé. Le nom de l’australien QIC est également évoqué. A priori, l’opération ne se ferait pas au travers d’une ouverture du capital d’Izivia : il s’agirait plutôt de faire entrer un investisseur comme actionnaire majoritaire d’une coentreprise détenue avec l’opérateur de bornes, en échange d’un ticket de 100 à 200 millions d’euros. Cette structure aurait vocation à porter les futurs investissements dans l’extension du réseau de bornes électriques. Contacté par l’Informé, EDF ne fait pas de commentaires.
Izivia, qui revendique exploiter aujourd’hui près de 20 000 points de charge, est l’un des acteurs les plus anciens du marché en France. Née en 1998 sous le nom de Sodetrel, la filiale d’EDF a d’abord développé des installations destinées aux entreprises ou aux collectivités pour leur flotte automobile. Elle est aussi l’une des premières à avoir lancé sur les autoroutes un réseau de charge rapide, baptisé Corri-Door. Mais ce dernier a subi un coup d’arrêt début 2020 : 189 de ses 217 bornes ont dû être fermées à cause d’incidents techniques pouvant causer des problèmes de sécurité. La faute à un fournisseur selon Izivia. L’opérateur a dû patienter jusqu’à début 2022 avant de se relancer sur le marché de la recharge rapide avec un nouveau réseau, Izivia Express, dans des centres urbains ou à proximité de grands axes routiers. Ce projet a déjà donné lieu à un premier rapprochement avec un financier, Demeter Partners, pour la mise en place de 300 bornes. En parallèle, l’entreprise a continué à engranger de nouveaux contrats avec d’autres acteurs comme des enseignes de distribution (à l’instar d’Intermarché) ou des opérateurs de parking. Selon nos informations, un contrat a été signé plus tôt dans l’année avec McDonald’s France, et a même conduit la structure d’EDF à s’associer avec un autre fonds, Siloé Infrastructure, qui est géré par Crédit Mutuel Equity.
Les 100 000 bornes dépassées
Izivia se trouve face à une concurrence qui s’est démultipliée ces dernières années. On y trouve les opérateurs historiques de stations-service, des constructeurs (comme BMW, Mercedes, Volkswagen, Ford et Hyundai au travers de Ionity) et de nombreuses start-up à l’instar Driveco, Bump ou Electra - qui est lui aussi en ce moment en pleine levée de fonds, comme l’a révélé l’Informé fin septembre. Toutes ces initiatives ont permis à la France de dépasser les 100 000 bornes accessibles au public en mai 2023, avec seulement quelques mois de retard par rapport au calendrier initial. La course à l’ouverture de stations de recharge, si elle accompagne le développement du parc de véhicules électriques, s’accompagne néanmoins d’une ruée sur le foncier disponible, les propriétaires des emplacements réclamant des loyers et des tickets d’entrée de plus en plus élevés.