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Continuer la lectureBornes de recharge : Electra prépare une nouvelle levée de fonds de 300 millions d’euros
La start-up française de recharge ultrarapide pour véhicules électriques avait déjà réuni 160 millions il y a un an.
Déployer des bornes de recharge rapide pour les voitures électriques brûle énormément de cash. Le pure-player français Electra, qui doit financer un lourd programme de développement, lance une nouvelle levée de fonds, a appris l’Informé. Elle interviendrait un an seulement après un premier appel au marché grâce auquel elle avait décroché un montant record de 160 millions d’euros en capitaux. Eurazeo était le principal investisseur accompagné de 574 Invest (groupe SNCF), de RATP Capital Innovation, du groupe de concessions automobiles Chopard et des fonds Serena Capital, Rgreen Invest et Rive Private Investment. Electra, qui vient d’intégrer l’indice Next40 de la French Tech, a aussi levé de la dette et reçu le soutien en avril de la Banque des Territoires (Caisse des dépôts et consignations) pour 3,5 millions d’euros.
Aurélien de Meaux, le président d’Electra, veut accélérer dans le maillage du territoire et le déploiement européen, alors que la concurrence est vive (TotalEnergies, Tesla, Ionity, Fastned, Atlante…) pour obtenir les meilleurs emplacements. Pour y parvenir, la start-up cherche désormais à lever jusqu’à 300 millions d’euros supplémentaires. Elle a confié un mandat à la boutique de conseil Gottengreen, qui conseillait déjà la précédente levée, et à BNP Paribas pour mener le processus, selon plusieurs sources concordantes. Dans le détail, l’opérateur compte d’une part lever près de 200 millions d’euros auprès de nouveaux investisseurs. Parmi les candidats intéressés, circulent particulièrement les noms d’Axa IM, de Macquarie, du fonds de pension néerlandais PGGM voire d’Infravia. Pas moins de 70 investisseurs auraient été contactés. « Les offres du premier tour des enchères sont attendues pour les premiers jours d’octobre », souffle un intervenant dans le dossier. En parallèle, les actionnaires actuels sont aussi appelés à remettre au pot. Electra espère récolter 80 millions d’euros d’argent frais auprès d’eux. Eurazeo adopterait cette fois une posture plus attentiste, selon plusieurs sources.
Depuis sa création en novembre 2020, le spécialiste du « fast charge » (charge rapide) déroule un programme offensif de développement. Il a déjà déployé plus de 600 points de charge (22 à 300 kW de puissance), sur des aires d’autoroutes, des parkings d’hôtels, de grandes surfaces ou d’entreprises. Et il compte accélérer pour atteindre 8 000 prises d’ici 2030, avec l’ambition de devenir un champion européen. Mais avec un coût de 50 000 à 65 000 euros par point de charge installé (la moitié pour le matériel, l’autre pour les travaux publics et la connexion au réseau électrique), la facture grimpe vite.
D’autant que les propriétaires des emplacements réclament des loyers et des tickets d’entrée de plus en plus élevés aux opérateurs de bornes. Electra a noué depuis 2021 de nombreux partenariats avec des enseignes pour déployer ses prises : les hôtels d’AccorInvest ou de Louvre Hotels Group, les parkings Indigo, des aires de Vinci Autoroutes ou encore des stations pour les taxis G7. La société a aussi décroché des accords avec des constructeurs automobiles (Honda, Stellantis ou MG, la marque du conglomérat parapublic chinois SAIC) pour permettre à leurs clients, détenteurs d’un modèle éclectique, de bénéficier de tarifs et d’accès préférentiels aux bornes Electra.
Electra, qui compte 140 salariés, a déployé des équipes en dehors de l’Hexagone depuis 2021 : en Belgique, au Luxembourg, en Italie et, depuis l’été 2023, en Suisse et en Autriche. Une première station de recharge a ouvert en juin en Belgique, en partenariat avec LSGI Group, un gestionnaire de centres commerciaux. La start-up vient dernièrement d’ouvrir un bureau à Madrid. Elle prévoit d’installer une première borne avant la fin de l’année dans la capitale et 150 dans toute l’Espagne avant 2027, pour un budget de 100 millions d’euros. Elle réfléchit aussi à faire son entrée en Allemagne, un marché d’1 million de véhicules électriques qui devrait passer à 15 millions en 2030. « C’est le bon moment d’y aller », répondait Aurélien de Meaux aux Échos en août dernier.