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Aéroports de Paris : les cabinets Macron et Bayrou s’accordent sur le nom du successeur d’Augustin de Romanet

Alors que l’actuel PDG d’ADP aurait dû partir au plus tard le 31 décembre, les conseillers de l’Élysée et Matignon viennent enfin de proposer un candidat à Emmanuel Macron.

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RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

L’exécutif s’est décidé à attaquer les dossiers en souffrance. Trouver un successeur à Augustin de Romanet à la présidence d’ADP, un groupe coté à la Bourse de Paris qui compte 28 000 salariés, est l’un des plus urgents. Car le PDG du groupe aéroportuaire, qui exploite Roissy, Orly et 24 autres aéroports dans le monde, aurait déjà dû quitter ses fonctions au 31 décembre dernier. Mais l’instabilité gouvernementale, marquée par la censure du gouvernement de Michel Barnier le 4 décembre, a bloqué le processus de décision. Résultat : l’État, qui prévoyait initialement de remplacer Augustin de Romanet après les JO de Paris 2024, a été contraint de lui adresser, le 20 décembre, une lettre qui lui confie à nouveau l’intérim de la présidence au 1er janvier 2025. Le comité des nominations au conseil d’administration d’ADP, présidé par Sylvia Métayer, avait pourtant conduit une chasse qui a abouti, fin novembre, à une shortlist de trois noms… toujours en attente d’une décision de la puissance publique, actionnaire de 50,6 % du capital du groupe aéroportuaire. Avec désormais François Bayrou à Matignon, et dans l’attente du résultat incertain d’une motion de censure à l’Assemblée nationale dès la semaine prochaine, l’exécutif a enfin pris le sujet à bras-le-corps.

Nommé le 17 décembre, le directeur de cabinet du nouveau premier ministre, Nicolas Pernot, a reçu entre Noël et le jour de l’an les trois candidats sélectionnés : Claude Laruelle, ex-directeur général adjoint chargé des finances de Veolia, Loïc Rocard, le fils de l’ancien premier ministre, actuel PDG de TechnicAtome qui conçoit les réacteurs des sous-marins nucléaires français, et Philippe Pascal, le directeur général adjoint d’ADP, chargé des finances, de la stratégie et de l’administration. Le haut fonctionnaire s’est résolu à faire rapidement son choix. Début janvier, une réunion à l’Élysée entre les collaborateurs d’Emmanuel Macron et de François Bayrou a permis de trancher le débat : ils se seraient accordés pour proposer au président de la République de nommer le candidat interne, Philippe Pascal, comme nouveau patron d’ADP, affirment plusieurs sources au fait du dossier.

« C’est la piste privilégiée », confirme une source. « Un consensus au niveau technique (entre les conseillers de l’Élysée et de Matignon, ndlr) s’est dégagé sur le nom de Philippe Pascal, mais il faut encore que la solution soit validée formellement au niveau politique, par le président de la République », met en garde une autre. En cas d’accord d’Emmanuel Macron, le processus pourrait s’enclencher rapidement. Les trois ministres concernés, Eric Lombard à Bercy, François Rebsamen au ministère de l’aménagement du territoire et Philippe Tabarot au ministère chargé des transports, doivent s’entretenir très vite avec le candidat. Avant que l’Élysée n’entérine officiellement la proposition de nommer Philippe Pascal.

Cet inspecteur des finances, ancien élève de l’École nationale des impôts, a rejoint le groupe ADP en février 2013, en tant que directeur des opérations financières et des participations. Il a été préféré à Loïc Rocard, considéré par beaucoup comme un proche d’Alexis Kohler, le tout-puissant secrétaire général de l’Élysée, qu’il a connu sous le quinquennat de François Hollande où ils étaient tous deux membres de cabinets ministériels. Mais ce dernier était « arrivé troisième dans la shortlist du comité des nominations d’ADP, indique un proche du dossier. Et il a certainement pâti aussi de l’opposition d’Augustin de Romanet », avec qui un contentieux s’était noué lorsque Loïc Rocard était conseiller énergie-transports du premier ministre d’alors, Manuel Valls. « Il fallait aller vite et Philippe Pascal, en ayant déjà la haute main sur les finances d’ADP, est le choix le moins compliqué à mettre en œuvre », explique une autre source, qui anticipe que la nomination doit, pour être entérinée, obtenir l’aval des parlementaires qui siègent dans les commissions du développement durable de l’Assemblée nationale et du Sénat.