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Continuer la lectureGuillaume Pepy lâche la présidence d’Emeis (ex-Orpea)
L’ancien patron de la SNCF avait été appelé à la rescousse en 2022 pour appuyer le redressement du leader des Ehpad et cliniques privées Orpea, ébranlé par les révélations du livre « Les Fossoyeurs ».
Emeis entame une deuxième étape de son redressement. En 2022, l’actuel président du conseil d’administration, Guillaume Pepy, avait été appelé pour sortir Orpea de l’ornière. Le groupe privé de maisons de retraite et de cliniques était alors secoué par la sortie du livre-enquête Les Fossoyeurs de Victor Castanet, qui avait révélé les mauvais traitements infligés à des résidents ainsi que des fraudes comptables et administratives. Avec l’appui d’un nouveau directeur général, Laurent Guillot, l’ex-président de la SNCF a réussi à boucler, en janvier 2023, une augmentation de capital qui a sauvé de la faillite Orpea, rebaptisé Emeis. Cette opération avait acté la prise de contrôle du groupe coté à la Bourse de Paris par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), aux côtés de CNP Assurances (filiale de La Poste) et de deux assureurs mutualistes, la MAIF et la MACSF. Ce consortium contrôle 51 % du capital du groupe aujourd’hui.
Le 20 février dernier, quatre ans après le scandale, Emeis a obtenu du tribunal des activités économiques de Nanterre de sortir de son plan de sauvegarde avec un an d’avance. C’est aussi le moment que choisit Guillaume Pepy, âgé de 67 ans, pour quitter ses fonctions. Selon nos informations, il ne demandera pas le renouvellement de son mandat actuel, d’une durée de quatre ans, qui s’achèvera en juin, lors de la prochaine assemblée générale. « De son point de vue, la mission de redressement qui lui a été confiée est achevée », indique une source proche du dossier.
Place à la saison 2 du redressement d’Emeis. « L’entreprise vise les plus hauts standards de soin du secteur et les actionnaires réfléchissent à la nouvelle étape, qui touchera aussi la gouvernance, confirme une source à la Caisse des dépôts. Rien n’est encore décidé. » Un comité des nominations et des rémunérations d’Emeis doit se réunir en avril pour s’accorder sur le nom du prochain président du conseil. Le choix devra être approuvé par le conseil d’administration, en vue d’une validation par la prochaine assemblée générale, le 23 juin.
« La réflexion n’est pas arrêtée, indique une source proche des discussions. Plusieurs noms circulent. » Selon nos informations, la candidature de l’ancien ministre du travail Olivier Dussopt est particulièrement évoquée. Âgé de 47 ans, l’ancien maire et député PS d’Annonay (Ardèche) est déjà le représentant de la Caisse aux conseils d’administration de La Poste et de CDC Habitat, l’opérateur immobilier du groupe public. Ex-secrétaire d’État à la fonction publique et au budget des gouvernements d’Édouard Philippe et Jean Castex, il avait pris en charge l’épineux dossier de la réforme des retraites en 2022, en tant que ministre du travail dans le gouvernement d’Élisabeth Borne.
Élu député sans discontinuer depuis 2007, Olivier Dussopt avait préféré ne pas se représenter à un cinquième mandat en 2024. Il était, à l’époque, dans l’attente d’un procès pour favoritisme dans l’attribution d’un marché de l’eau à Annonay en 2009. Il avait été relaxé en première instance mais le Parquet national financier, qui avait ouvert une enquête en 2020, avait fait appel. Le 7 février 2025, la cour d’appel de Paris l’a condamné à 15 000 euros d’amende, dont 10 000 avec sursis. Il a depuis quitté la vie politique pour créer sa société de conseil, Semper Cives.
Contactés, Guillaume Pepy et Olivier Dussopt n’ont pas répondu. La CDC n’a pas souhaité commenter.