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Continuer la lectureAvocats, banquiers, consultants… les heureux élus qui travaillent sur la vente de SFR
Offre professionnelleOrange, Free, Bouygues et Altice se sont entourés du gratin parisien des affaires pour faire aboutir ce deal à 20 milliards d’euros. L’Informé dévoile la liste de ces conseils qui vont se partager plusieurs dizaines de millions d’euros de commissions.
Quatre entreprises impliquées, dont deux au CAC 40, plus de 12 000 emplois concernés, un chèque d’environ 20 milliards en jeu et des questions majeures de concurrence… Hors normes, la vente de SFR (filiale du groupe Altice) à ses rivaux, Orange, Bouygues et Iliad agite le tout Paris. « Plus de 300 personnes travaillent sur ce dossier et, ceux qui n’y sont pas, fulminent de ne pas en être », lâche dans un sourire l’un des négociateurs du deal. Difficile de confirmer ce chiffre, mais une chose est sûre : entre les équipes internes des opérateurs, les banquiers, les avocats ou encore les consultants, les ressources mobilisées sont à l’image de ce deal XXL. Il faut dire que les commissions à toucher ont de quoi faire rêver. Les différents intervenants mobilisés depuis près d’un an devraient se partager entre 50 et 100 millions d’euros, selon plusieurs estimations.
Si quelques noms de conseils avaient déjà fuité, l’Informé est aujourd’hui en mesure de révéler l’essentiel des équipes mobilisées par chaque acteur. Du côté de Bouygues, censé reprendre le plus d’actifs de SFR, on retrouve Grégoire Chertok de la banque Rothschild, Christophe Vinsonneau et Bertrand Cardi du cabinet d’avocats Darrois Villey Maillot Brochier sur l’aspect transactionnel, tandis que Christophe Lemaire d’Ashurst officie sur les sujets de concurrence. « Ce sont les usual suspects de toutes les opérations menées par le groupe de BTP », analyse un des participants du dossier. A cette liste s’ajoutent les équipes des cabinets de conseil AlixPartners et Arthur D. Little. Plus étonnant, un ancien PDG de Bouygues Telecom refait son apparition, Richard Viel. Après avoir quitté la direction du PMU sur fond de crise en septembre dernier, cet homme de confiance d’Olivier Roussat, DG du groupe Bouygues, et de Martin Bouygues a été missionné pour travailler sur ce dossier. « Après son passage aux paris hippiques, c’est le nouveau cheval sur lequel mise Martin », ironise un concurrent. L’actuel dirigeant de l’opérateur, Benoît Torloting, et sa directrice des affaires publiques, Juliette Lallement, sont également impliqués, tout comme Stéphane Stoll en charge des finances du géant du BTP. « Avec Orange, ils sont de loin ceux qui font travailler le plus de monde », juge un des intervenants.
Pour conseiller l’opérateur historique, on retrouve deux institutions financières. Il s’agit d’une part, du Crédit Agricole Corporate Investment Bank (CACIB) avec, notamment, Christine Bellin. Ironie de l’histoire, cette ancienne directrice de la stratégie de TF1 (filiale de Bouygues) s’était occupée du rachat de M6, un projet avorté en raison des conditions imposées par l’Autorité de la concurrence en 2022. D’autre part, on trouve la banque américaine Evercore représentée par Laurence Hainault, une ancienne du Crédit Suisse spécialisée dans les télécoms. Elle a déjà épaulé l’ex-France Télécom sur l’ouverture du capital de ses réseaux pour collectivités (Orange Concessions). Orange a aussi fait appel à de grands cabinets d’avocats. Latham & Watkins est chargé des questions de concurrence, avec une pointure sur le sujet, Jacques-Philippe Gunther. En parallèle, Weil Gotshal, représenté par son associé Yannick Piette, travaille sur l’aspect corporate M&A. Enfin, les consultants de PMP Strategy, EY et de CapGemini viennent compléter les équipes mobilisées. L’affaire est, bien sûr, également suivie en interne par la directrice générale, Christel Heydemann, mais aussi le secrétaire général, Nicolas Guérin, et le directeur financier, Laurent Martinez.
Un contingent bien plus important que celui accompagnant Iliad. Le groupe de Xavier Niel [actionnaire de l’Informé ndlr] est resté fidèle à sa réputation de ne jamais faire appel à une aide extérieure sur sa stratégie. En revanche, les directeurs financiers de Free, Thomas Robin, et de sa maison mère Iliad, Thomas Kienzi, sont épaulés par deux associés de Perella Weinberg : Gilles Tré-Hardy et Stéphane Richard, ex PDG d’Orange. Et sur les aspects juridiques, les associés Florence Haas et Olivier Assant du cabinet Bredin Prat accompagnent le directeur de la réglementation, Laurent Laganier, tandis que Yelena Trifounovitch épaule le groupe en matière de droit de la concurrence. Le tout sous la supervision de Thomas Reynaud, DG d’Iliad.
Reste donc Altice Group. Malo Corbin, son directeur financier, et Dexter Goei, proche de Patrick Drahi, sont à la manœuvre aux côtés d’Arthur Dreyfuss, PDG d’Altice France. Sans compter, le secrétaire général, Laurent Halimi, qui s’occupe des fusions et acquisitions ainsi que de l’antitrust. Ils sont accompagnés des banquiers Vincent le Stradic de Lazard et, dans une moindre mesure, de Thierry Varène de BNP Paribas. Altice est le plus gros client de la banque française dans le secteur des télécoms et a recruté plusieurs cadres là-bas, comme l’a raconté l’Informé. Pour sa part, Lazard indique sur son site avoir conseillé Patrick Drahi sur 25 deals : le rachat de SFR par Numericable, le retrait de la Bourse d’Altice Europe, ou encore la vente de BFM et la renégociation de la dette de SFR…. Quant à Malo Corbin, il a passé huit ans dans la banque du boulevard Haussmann avant d’être recruté par l’opérateur télécoms. Enfin, chez les robes noires, l’experte en M&A Magali Masson du cabinet De Pardieu Brocas Maffei et la spécialiste du droit de la concurrence Julie Catala Marty chez Bryan Cave Leighton Paisner (le partenaire historique de Patrick Drahi) sont sur le dossier.
Des armées de conseils qui ne peuvent toutefois garantir le succès de l’opération. « A ce stade nous avons des discussions, mais il n’y a aucune certitude qu’on trouve un accord, que ce soit sur le prix ou sur la forme que pourrait prendre une opération comme celle-là », a indiqué ce jour sur BFM Business la dirigeante d’Orange, Christel Heydemann.
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