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Vente de SFR : ce que les trois acquéreurs ont dit aux élus

Mercredi après-midi, les directeurs généraux de Bouygues Telecom, d’Orange et de Free sont venus répondre aux questions des représentants du personnel de SFR inquiets sur leur avenir. L’Informé dévoile le contenu des échanges.

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GABRIEL BOUYS / AFP

Le moment était attendu par les salariés de SFR inquiets pour leur avenir en raison du projet de vente de leur entreprise. Ce mercredi 24 juin, dans l’après-midi, les directeurs généraux des trois repreneurs - Jérôme Henique pour Orange, Benoît Torloting chez Bouygues Telecom et Nicolas Thomas pour F...

« Après le closing, SFR n’est plus un opérateur, mais une société de services, a ajouté Mathieu Cocq. Les repreneurs n’ont pas les moyens de reprendre nos clients sans nous. » Le document préparatoire précise : « postérieurement à la réalisation de l’opération, [la société] SFR ne mènerait pas de politique commerciale autonome ni d’activité de conquête pour son propre compte - elle se limiterait à gérer la base de clients existante pour le compte des acquéreurs. À l’issue de la période de transition, les marques SFR cesseraient d’être exploitées et SFR les laisserait s’éteindre. »

De son côté, Benoît Torloting, DG de Bouygues Telecom, s’est dit « ravi » de venir échanger avec les représentants des salariés de SFR. Même s’il a tenu à préciser que certaines questions n’auront pas de réponse « car elles nécessiteront une réponse commune, réfléchie ». Le DG de Free, Nicolas Thomas, a évoqué un projet complexe, sans précédent : « SFR a une finalité transitoire et a uniquement pour vocation d’assurer la migration technique des clients avant d’être dissoute. »

Les repreneurs ont souligné avoir entendu les inquiétudes des élus malgré un engagement jusqu’en 2029, et « le maintien dans le poste actuel ou une proposition d’un nouvel emploi dans SFR. » Les salariés actuels vont connaître des sorts différents. Les plus chanceux (environ 3 200) vont être repris par les acquéreurs, essentiellement chez Bouygues Telecom (environ 2 600). Cela concerne notamment « 500 à 600 personnes » dans les 120 boutiques reprises par le trio (dixit Mathieu Cocq). L’essentiel de l’effectif (environ 4 600) restera dans SFR et leur avenir sera incertain. Enfin, une dernière catégorie des effectifs travaille aujourd’hui pour des filiales qui ne sont pas reprises, comme XpFibre (249 postes), les entités réunionnaises et mahoraises (300 environ), et Altice Technical Services (ATS, 3 000 salariés). Cette dernière société ayant pour seul client SFR, les élus ont obtenu de négocier des engagements sur l’ex-ERT qui pourrait signer des contrats futurs avec les repreneurs afin de pérenniser son activité.

Ces éléments n’ont pas rassuré les syndicats. Dans leurs propos liminaires tenus devant les dirigeants, ils se sont plaints des délais de la procédure d’information, consultation durant les vacances scolaires entre juillet et août. Ce projet de cession fait peser selon eux de l’incertitude, de la désorganisation et de l’angoisse sur le personnel. « Nos dirigeants ne peuvent pas aborder cette restructuration comme une simple réorganisation, indique leur résolution. Elle justifie un accompagnement d’ampleur surtout pour une direction qui a besoin de ses salariés pour assurer les migrations, transfert et maintenir à flot l’activité et la clientèle ! ».