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Santé

Les compléments alimentaires Pediakid accusés d’utiliser des additifs interdits aux plus petits

L’administration reproche à ces sirops et gommes à mâcher pour enfants de contenir du sorbate de potassium et de l’acide citrique. Le Laboratoire Ineldea, son fabricant, conteste.

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L’Informé

Le spot met en scène un gamin rigolard muni d’un haut-parleur : « En pleine forme pour regarder la Star Academy avec Pediakid ? » En sponsorisant l’émission à succès de TF1 pendant cinq semaines cette année, la marque de compléments alimentaires pour enfants Pediakid s’est offert un sacré coup de projecteur. Mais dans le même temps, elle est aussi confrontée à des ennuis qu’elle préfère laisser dans l’ombre…

Selon nos informations, le « numéro un de la santé naturelle pour enfants », comme il se définit, est en conflit avec l’administration depuis cinq ans à propos de la composition de ses produits. La direction départementale de protection des populations (DDPP) des Alpes-Maritimes, département du siège de l’entreprise, lui reproche d’utiliser des ingrédients interdits pour les plus petits. Or ils sont l’une des cibles de ses sirops et gommes à mâcher en vente libre en pharmacie. Les produits Pediakid sont la gamme phare de Laboratoire Ineldea, une PME au chiffre d’affaires de 63 millions d’euros en 2024, et à la croissance marquée (+39% sur trois ans).

Son bras de fer avec les autorités démarre en 2021. La DDPP critique l’utilisation de trois substances : du sorbate de potassium, de l’acide citrique et de la vitamine E riche en tocophérol. Ces substances, qui peuvent servir respectivement de conservateur, de correcteur d’acidité et d’antioxydant, sont des additifs alimentaires, estime l’administration. Or, la réglementation européenne est claire : aucun additif alimentaire n’est autorisé dans les compléments destinés aux nourrissons et enfants de moins de 3 ans.

Le ministère de l’agriculture, dont dépend la DDPP, précise à L’Informé que la « non-autorisation » des additifs « ne signifie pas pour autant que ceux-ci présentent un risque particulier pour les jeunes enfants ». Mais dura lex, sed lex : dès 2021, la DDPP exige de Pediakid soit un arrêt des recommandations d’usage pour les plus petits, soit une modification de composition. Depuis, la société conteste. Après une première défaite devant le tribunal administratif en 2024, elle vient à nouveau d’être déboutée par la cour administrative d’appel de Marseille.

Auprès de L’Informé, la responsable de la gamme Pediakid au sein de Laboratoire Ineldea maintient que ces compléments pour les plus jeunes ne contiennent « aucun additif alimentaire, et ce en stricte conformité avec la réglementation en vigueur ». Sans évoquer les deux autres substances, elle assure que la vitamine E entrerait dans la catégorie réglementaire des actifs nutritionnels et non des additifs. « Nos formules font l’objet d’un contrôle réglementaire rigoureux. La qualité et la sécurité de nos produits sont au centre de nos engagements », ajoute-t-elle.

Mais devant la justice, la société a surtout plaidé que la réglementation évoquée ne s’appliquerait pas à ses produits. En vain ! Pediakid sera donc bien contraint de revoir leur composition… sauf à engager un ultime recours devant le Conseil d’Etat.

Le business des compléments alimentaires flirte parfois avec les limites réglementaires. Dans un bilan d’enquête publié fin 2025, la Répression des fraudes faisait état de 37 % de non-conformités pour les compléments alimentaires pour adultes et 20 % pour ceux destinés aux enfants. Les contrôles avaient porté sur les arguments de vente (parfois contestables) et les dosages réels en vitamines et minéraux (parfois différents de ceux annoncés sur l’étiquette).

De son côté, Pediakid n’en est pas à ses premiers ennuis avec les autorités. En 2016, la société avait été condamnée à 25 000 € d’amende et son dirigeant à 10 000 €, pour pratiques commerciales trompeuses. En cause, le recours sur ses produits à des allégations fallacieuses ou non autorisées.