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Continuer la lectureIncendie de Lubrizol à Rouen : Danone attend toujours son indemnisation
La production du géant laitier avait été perturbée suite au sinistre survenu sur le site du chimiste américain en septembre 2019.
Plus de six ans après le drame, l’incendie spectaculaire de Lubrizol à Rouen provoque encore des retombées. L’Informé a appris que Danone réclame à l’opérateur du site plus de deux millions d’euros en réparation du préjudice subi. Pour rappel, le 26 septembre 2019, cette usine d’additifs pour carburants et lubrifiants industriels classée « Seveso seuil haut » (donc à haut risque) avait pris feu pour des raisons inconnues. Une épaisse fumée noire s’était formée, entraînant des retombées de suies dans un très large périmètre autour du site, propriété du groupe américain Lubrizol.
Des mesures conservatoires avaient été décidées par les autorités sur les produits agricoles, et notamment sur le lait collecté dans la zone. Danone, qui possède notamment l’usine de Ferrières-en-Bray à une cinquantaine de kilomètres n’avait logiquement pas pu transformer ce lait pendant des semaines. Ce site, l’une des plus grandes laiteries d’Europe, produit des yaourts et du skyr sous les marques Danone, Hipro, Activia, Jockey, ou encore Danonino. Selon nos informations, le géant agroalimentaire a effectué une première demande d’indemnisation en avril 2020, à hauteur de 2,76 millions d’euros, montant établi d’après le rapport d’expertise du cabinet CAP Experts. Cette demande est restée lettre morte, malgré une mise en demeure.
Danone, ainsi que Normandie Logistique, dont l’entrepôt attenant a également été touché par l’incendie, ont alors convenu avec Lubrizol de mettre en place une expertise financière pour trouver un accord sur le montant du préjudice. Dans le même temps, le géant tricolore a ramené ses exigences à 2,3 millions d’euros. Mais ces discussions amiables n’ont rien donné. Et devant l’impossibilité de se mettre d’accord, le groupe a fini par saisir la justice, qui a décidé d’ordonner, en juin dernier, une expertise en ayant recours à un autre enquêteur, dont le rapport pourrait être rendu cette année. Cette mesure doit déboucher sur un nouveau chiffrage.
Si les négociations traînent autant entre Danone et Lubrizol, c’est aussi parce que l’information judiciaire destinée à identifier les responsabilités de chacun dans l’incendie est toujours en cours. Et les juristes du chimiste américain veillent à chaque virgule. Ainsi, alors que Danone expliquait dans son exposé souhaiter obtenir réparation du préjudice subi du fait de « l’incendie de la société Lubrizol », cette dernière s’est opposée à cette formulation, demandant qu’il soit également fait mention des locaux de Normandie Logistique. Le tribunal de commerce de Rouen, chargé des questions d’expertise, a finalement décidé d’utiliser une expression plus neutre dans les débats, et parle désormais de « l’incendie du 26 septembre 2019 », sans plus de précisions. Une fois que les faits seront clairement établis, une autre passe d’armes aura lieu, cette fois entre assureurs et réassureurs. Contactés, Danone et Lubrizol n’ont pas souhaité faire de commentaires sur cette affaire.