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Industrie

Le géant de la chaux Lhoist prépare une vente à « largement » plus de 10 milliards d’euros

Le groupe belge qui compte une quinzaine de sites en France s’est entouré d’une multitude de conseils pour ce qui sera l’un des plus gros LBO de l’année en Europe.

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JOHN THYS / AFP

Une page majeure de l’histoire de Lhoist pourrait se tourner en 2026. Le géant mondial de la production de chaux et de dolomie, dont les fondations ont été posées par la famille éponyme en 1889, prépare discrètement une importante ouverture de son capital à des fonds d’investissement, a appris l’Info...

Selon nos informations, trois banques ont été mandatées pour préparer la refonte de l’actionnariat : Rothschild & Co, BNP Paribas et JPMorgan. L’audit financier a quant à lui été accordé à PwC, tandis que le volet stratégique a été confié à BCG. « Les coffee meetings ont eu lieu il y a deux-trois semaines », souffle un financier, datant l’envoi prochain du mémorandum d’informations au mois de mars. Les plus gros fonds mondiaux devraient se pencher sur ce gigantesque dossier primaire.

Le groupe, qui compte une quinzaine de sites industriels en France (dont celui historique de Dugny-sur-Meuse dans le Grand Est) sur les 135 possédés dans le monde, affiche un Ebitda avoisinant 1,2 milliard d’euros, selon nos informations. Une envergure le rendant donc éligible à un LBO d’une taille « largement » supérieure à 10 milliards d’euros selon un proche du deal. Ce qui en ferait l’une des plus grosses opérations à effet de levier de l’année sur le Vieux continent. « Les comparables américains comme United States Lime & Minerals et Martin Marietta Materials sont valorisés à des niveaux de multiple compris entre 15 et 18 fois l’Ebitda », souligne un proche du dossier. En Amérique, le groupe a posé ses premières pierres à la fin des années 70 et compterait à date une cinquantaine de sites.

La famille Lhoist-Berghmans n’entend toutefois pas tirer un trait sur son groupe et miserait davantage sur un partenariat. Selon deux sources, celle-ci resterait engagée au capital, dans une position de co-contrôle aux côtés de fonds. A ce jour, le patriarche Jean-Pierre Berghmans, 77 ans, n’a pas annoncé son plan de succession. Le Conseil d’administration compte encore trois membres de la famille : Vincent et Olivier Berghmans, ainsi que sa fille Valentine Berghmans, actuellement « chief sustainability officer. » Depuis octobre 2025, le groupe est dirigé par Philipp Niemann, l’ancien patron de Lhoist en Amérique du Nord. Un choix reflétant le profil très international de l’entreprise, qui vend dans plus de 80 pays et emploie quelque 6 600 salariés.

Utilisée dans la sidérurgie, la construction, le traitement de l’eau, l’industrie chimique ou dans l’agriculture, la chaux est extrêmement polluante à produire. Sur les 50 sites les plus émetteurs de CO2 en France, quatre sont détenus par Lhoist. Une problématique qui a amené l’industriel à vouloir équiper son usine de Rety, près de Dunkerque, d’une technologie de capture de carbone d’Air Liquide. Le projet devrait être finalisé en 2028 et le CO2 capturé devrait être acheminé vers un site de stockage géologique en mer du Nord.

Contactées, les différentes parties n’ont pas répondu à nos sollicitations.