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Continuer la lectureRandstad revend sa filiale télécoms Optedis à quatre repreneurs dont Lhouari Dati
Le géant du travail temporaire a choisi de céder cette entité française déficitaire à plusieurs repreneurs, dont le frère de Rachida Dati.
Chez Randstad, le ménage se pratique sans faire de bruit. Selon nos informations, ces dernières semaines, le géant néerlandais de l’intérim a discrètement coupé les ponts avec l’une de ses petites filiales françaises, Optedis. Elle lui appartenait depuis son rachat en 2019 via Ausy, une entreprise de services numériques dont Randstad avait pris le contrôle deux ans plus tôt (et qui a depuis été incorporée dans Randstad Digital France). Optedis, qui fournit aux acteurs du monde des télécoms des techniciens pour le déploiement de réseaux mobiles ou de fibre optique, a ainsi été cédée à plusieurs repreneurs. L’acheteur n’est autre que son fondateur (et frère de Rachida Dati) Lhouari Dati, qui avait cédé Optedis à Ausy. Il s’est ici associé avec Jérôme Gontard, un ancien dirigeant de Randstad Digital, avec la société d’ingénierie Pharea et son patron Jérôme Bellon, ainsi qu’une autre personne, Ahmed Khelladi, qui a pris la présidence d’Optedis.
Randstad France se sépare d’un périmètre de taille très modeste pour un groupe qui réalise plus de 3 milliards d’euros de revenus. Selon ses comptes 2024, Optedis n’a totalisé que 4 millions d’euros de chiffre d’affaires. La structure n’est pas au mieux de sa forme, puisque ses revenus - qui s’élevaient à 8 millions d’euros en 2018, avant son rachat par Ausy - ont diminué de 38 % sur un an, avec une perte d’exploitation qui s’élevait à 790 000 euros. Au sommet de sa gloire, elle disposait d’une grosse centaine de salariés, contre seulement une cinquantaine aujourd’hui. « Dans les effectifs, une vingtaine de collaborateurs sont en intercontrats, c’est-à-dire dans l’attente qu’un client leur confie une mission, tandis qu’une petite dizaine d’autres salariés devaient voir leur mission arriver prochainement à leur terme », souffle un connaisseur de l’entreprise. « Optedis intervient sur un marché de déploiement de réseaux en perte de vitesse, et n’avait aucun projet pour la relancer », décrit une autre source.
Selon nos informations, le CSE de Randstad Digital France a émis de sérieuses réserves sur l’opération dans son avis rendu à l’issue de la procédure d’information-consultation préalable à la cession. L’instance y a jugé que la transaction était pour Randstad un moyen de se séparer à peu de frais d’une entité en perte et avec une forte proportion de salariés en inter-contrats (qui touchent néanmoins un salaire). Le CSE a regretté ne pas disposer de beaucoup d’informations sur l’opération, mais aussi sur la viabilité du projet des repreneurs. Randstad, qui a cédé son actif pour un euro symbolique, avait néanmoins promis une avance de trésorerie de 500 000 euros aux repreneurs d’Optedis.
Contactés, ni Randstad ni les repreneurs d’Optedis n’ont donné suite aux sollicitations de l’Informé.