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Continuer la lecturePratiques commerciales trompeuses : Wish condamné à trois millions d’euros d’amende
La plateforme d’e-commerce a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de trois millions d’euros. En cause, des faux rabais épinglés par les services de la répression des fraudes.
Les ennuis ne sont pas finis pour Wish. Alors que la plateforme d’e-commerce éditée par ContextLogic Inc. a déjà été bannie des moteurs de recherche en France, elle vient d’être condamnée ce vendredi 10 mars par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de trois millions d’euros pour pratiques ...
En clair, ils avaient précédemment reconnu les faits puis négocié leur peine avec le Procureur de la République. À l’annonce du montant qu’il a lui-même homologué, le président du tribunal a précisé que la loi française prévoit que si l’amende est réglée dans les 30 jours, le condamné bénéficie d’une remise de 20 % sur son montant… dans la limite de 1 500 euros. « Le plafond est bien atteint », s’est amusé le magistrat dans la salle où était présent l’Informé. Et de conclure avec ironie : « Cela pourra au moins rembourser les billets d’avion ! »
Contacté, Wish.com se félicite d’avoir trouvé un terrain d’entente avec la justice dans le cadre de ce dossier. Elle assure que « les préoccupations soulevées ont été résolues il y a un certain temps ». Si « les accusations portées (...) concernent principalement les stratégies tarifaires, les politiques de propriété intellectuelle et de lutte contre la contrefaçon ainsi que la rigueur des traductions en français », elles ne « portent sur la période entre novembre 2018 et novembre 2019 ».
Les faits remontent en effet à plusieurs années. C’est en novembre 2020 que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait transmis au procureur de la République de Paris le fruit de ses investigations, menées entre 2018 et 2019. Dans les rayons de la plateforme, ses agents trouvaient des réductions alléchantes sinon délirantes, pouvant parfois atteindre 90 %. Des ristournes toutefois « dénuées de toute réalité économique » expliquaient les services, puisque « calculées sur la base de prix de référence trompeurs ».
D’autres indélicatesses avec le Code de la consommation étaient épinglées comme des mises en avant de produits « de forte notoriété » mais en réalité indisponibles, ou encore « des produits présentant des logos et signes distinctifs s’apparentant à ceux de marques déposées notoires (notamment marques de sport, parfums prestigieux, etc…) de nature à induire en erreur les consommateurs ». Ces constats avaient fait bondir Cédric O, alors secrétaire d’État chargé du Numérique. Il avait relevé que la plateforme « s’était déjà distinguée pendant le premier confinement en vendant des masques ne respectant pas les normes. Les Français-e-s qui utilisent l’application pour y trouver du low-cost doivent savoir qu’ils y trouveront surtout des arnaques ».
Déréférencement des moteurs de recherche
Les déboires s’empilent désormais pour Wish. En novembre 2021, la DGCCRF a exigé des moteurs et des magasins d’applications le déréférencement intégral de Wish.com en France. En cause, la présence de produits dangereux proposés à la vente et un nombre très important de produits non conformes (95 % des jouets non conformes, dont 45 % dangereux, 95 % d’appareils électriques non conformes, dont 90 % dangereux, 62 % de bijoux fantaisie dangereux, etc.). Wish a bien tenté de combattre cette décision devant les juridictions administratives, jusqu’au Conseil d’État, mais sans succès pour l’instant. Selon nos informations, d’autres plateformes similaires à Wish font actuellement l’objet d’enquêtes par les mêmes services de la répression des fraudes.