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Grande conso

Grosses turbulences au sein de la licorne Vestiaire Collective

Les dernières fondatrices encore dans la société n’ont plus été aperçues au siège depuis des semaines, alors que l’e-commerçant taille dans les coûts.

RICCARDO MILANI / Hans Lucas via AFP

Chez Vestiaire Collective, l’atmosphère devient « pesante ». Selon nos informations, trois personnalités du site de revente de vêtements de luxe ont disparu des bureaux depuis plusieurs semaines, à la grande perplexité des équipes : il s’agit de deux cofondatrices emblématiques, Fanny Moizant et Soph...

Et les turbulences ne s’arrêtent pas là. Alors que le directeur financier du site, Bernard Osta, a été bombardé à la tête de la société le mois dernier, le nouveau dirigeant a déjà engagé un plan d’économies. Dans un mail interne consulté par l’Informé, adressé le 4 novembre à l’ensemble des salariés, le patron a annoncé plusieurs mesures destinées à réduire les coûts. À commencer par la fermeture des bureaux commerciaux aux États-Unis, et la relocalisation à Paris de deux bureaux anglais dédiés au marketing. Olivia Walker, chargée de la marque à Londres, est ainsi, elle aussi, amenée à faire ses valises, le 28 novembre.

Ces ajustements interviennent alors que l’entreprise – dont les dernières données financières connues remontent à 2023 (825 millions d’euros de volume d’affaires, pour un chiffre d’affaires de 157 millions d’euros issu des commissions sur les ventes)- a dû revoir ses ambitions. L’atteinte de la rentabilité, un temps espérée en 2024, se fait attendre. D’ailleurs, aucune communication officielle n’a été faite sur le sujet depuis un moment. L’entrée en bourse envisagée semble elle aussi remisée au placard.

La feuille de route mise en place par le nouveau directeur se veut « claire et centrée sur l’exécution, avec un pilotage resserré des priorités business », commente une source proche de l’entreprise, pour qui, « vu de l’intérieur, la priorité des équipes est surtout de gagner des parts de marché, d’améliorer l’expérience pour les vendeurs et les acheteurs, et de continuer à tirer le marché vers un modèle plus responsable, tout en étant plus disciplinés sur la manière dont Vestiaire Collective alloue ses ressources. »

Avec tous ces remaniements à l’œuvre, l’enjeu sera de ne pas écorner l’image vertueuse de cette entreprise B Corp. Car son positionnement responsable, combiné à son business model, lui a assuré le succès auprès des investisseurs. Ils sont nombreux à s’être bousculés pour entrer au capital depuis la création en 2009. Des grands noms comme SoftBank, Eurazeo, Bpifrance, Korelya Capital, ou encore le fonds Generation Investment Management, créé par l’ancien vice-président américain Al Gore pour ne citer qu’eux, ont participé à plusieurs levées de fonds pour un total de plus d’un demi-milliard d’euros. Contacté, Vestiaire Collective n’a pas souhaité faire de commentaires.