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Luxe

Hermès s’active pour pousser les murs de ses trois magasins parisiens

La maison de luxe, qui réalise encore 10 % de son chiffre d’affaires en France, engage plusieurs chantiers onéreux dans ses boutiques du 6e et 8e arrondissements de la capitale.

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PHILIPPE TURPIN / Photononstop via AFP

Hermès a beau ne réaliser en France plus que 10 % de ses 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires*, ses trois grands magasins parisiens restent au cœur de sa stratégie de vente, de marketing et de communication. Il y lance des chantiers tous azimuts. Tout d’abord, selon nos informations, le sellier a obtenu le 23 janvier l’autorisation administrative pour agrandir de 500 m2 sa boutique installée à l’angle des rues du Faubourg Saint-Honoré et Boissy-d’Anglas, un ancien hôtel particulier qui s’étale déjà sur 2 150 m2 et rapporterait plusieurs centaines de millions d’euros de revenus à l’année. La marque veut s’étendre sur l’ancien magasin Givenchy mitoyen, aujourd’hui fermé. Elle en détenait déjà les murs, comme ceux de plusieurs autres immeubles voisins, notamment celui qui abritait l’ancien Yves Saint-Laurent, en cours de commercialisation. Dans l’ex-Givenchy, la maison de luxe veut créer des salons pour recevoir ses meilleurs clients, agrandir l’espace SAV de sa maroquinerie et ouvrir un lieu à part pour accueillir les acheteurs en ligne qui voudraient essayer sur place. Dans le quartier, ses équipes sont aussi à la manœuvre pour signer un bail de 500 m2 dans un ancien magasin aux abords de la rue Saint-Honoré. Les négociations sont très avancées.

À l’étage, rue de Sèvres

L’entreprise a également des projets pour sa boutique installée rue de Sèvres, à côté du Bon Marché. En novembre dernier, elle a obtenu le feu vert de la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) pour agrandir de 120 m2 ce magasin qui en compte déjà 1 500. Le gain est modeste mais au vu des rendements réputés de l’adresse, tout est bon à prendre. En septembre 2024, le groupe n’avait pas hésité à débourser autour de 300 millions d’euros pour acheter les murs de ce lieu hors normes, qui fut, entre 1930 et 1970, l’ancienne piscine de l’hôtel Lutetia tout proche. Rénové à grands frais en 2021 par l’agence RDAI, l’espace de vente se démarque avec ses grandes hauteurs sous plafonds et ses coursives qui abritaient autrefois les cabines. Pour y créer des salons de réception destinés à ses très bons clients, la griffe a acquis un appartement à l’étage. Mais pour pouvoir y mener une activité commerciale, et donc changer l’usage de ce bien d’habitation, la réglementation l’oblige à compenser, après autorisation de la Ville, conformément au plan local d’urbanisme de Paris. Ce qu’Hermès a fait, en rachetant deux logements.

Changer de taille sur George V

Un dernier projet, beaucoup plus ambitieux mais moins avancé, est enfin prévu à l’angle de l’avenue George V et de la rue Quentin Bauchart. Le sellier y détient un point de vente de presque 600 m2, agrandi et rouvert fin 2018 après deux ans de travaux. Là encore, il souhaite s’étendre. Et là encore, il possède les murs, un avantage. Mais une petite partie intérieure étant classée, il devra obtenir un visa des Architectes des bâtiments de France (ABF). De même qu’un alignement avec le PLU de la Ville. La partie est donc loin d’être gagnée, et les demandes d’autorisation ne sont pas encore déposées. Le groupe n‘envisagerait pas de se lancer dans de grands travaux sans pouvoir compenser la fermeture temporaire par l’exploitation d’un point de vente de substitution à proximité. Pour l’instant, l’idée serait de se glisser dans l’ex-magasin Bulgari voisin.

À quelques minutes de là, rue François Ier, Hermès serait également à la recherche de mètres carrés supplémentaires pour des bureaux et showrooms. Le groupe a pourtant acquis, en septembre 2023, près de 10 000 m2 de bureaux à Covivio, rue d’Anjou, près de Madeleine.

*en 2024