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Continuer la lectureFranchise, cession… Carrefour étudie plusieurs scénarios pour la Belgique
Le géant de la distribution est déjà en train de se retirer de la Roumanie, et cherche à faire de même en Pologne et en Argentine. Le plat pays ne fait pas non plus partie de ses priorités.
Carrefour progresse dans son plan de cession d’actifs. Le groupe dirigé par Alexandre Bompard vient tout juste d’entrer en négociations exclusives avec Paval Holding pour se séparer de ses activités en Roumanie - l’Informé avait révélé le lancement de cette vente, en octobre. L’opération s’effectue sur une valeur d’entreprise de 823 millions d’euros. Un bol d’air appréciable alors qu’une autre cession, celle de Carrefour Italia réalisée auprès de NewPrinces, coûtera de l’argent au commerçant : celui-ci a promis 260 millions d’euros à l’acheteur pour accompagner le projet de reprise de sa désormais ex-filiale non rentable. À présent, le distributeur doit boucler deux ventes largement attendues, celle de ses filiales polonaise et argentine. Et il lui faudra aussi qu’il clarifie ses positions en Belgique, même si le dossier est moins urgent. Le « plat pays », où le groupe a réalisé 4,163 milliards d’euros de chiffre d’affaires HT en 2024, ne fait pas partie des marchés dit « core business » - en l’occurrence la France, l’Espagne et le Brésil.
En décembre dernier, les quotidiens économiques belges De Tijd et L’Echo se faisaient l’écho d’un projet de vente. En guise de commentaire, le commerçant s’était lancé dans un numéro d’équilibriste. « Carrefour est et reste un acteur incontournable en Belgique, a-t-il réagi. Et cela grâce aux efforts de tous nos collaborateurs et aux objectifs ambitieux que nous poursuivons pour satisfaire nos clients jour après jour. » Le statu quo semble improbable. Selon nos informations, Carrefour étudie bel et bien ses options avec Rothschild & Co pour l’accompagner discrètement dans ses réflexions.
Le groupe aurait pris la température de quelques acheteurs potentiels. Il aurait ainsi testé l’appétit d’Intermarché, trop occupé cependant à digérer le rachat du réseau Mestdagh et à mener tous ses chantiers du moment en France. Carrefour aurait même envisagé de proposer le dossier à des acteurs de type family office. Mais une autre piste qu’une cession semble à l’étude : le passage en franchise de la totalité des magasins directement exploités par le distributeur. Ses 40 hypermarchés sont concernés ainsi que 44 supermarchés (le gros de ce format est géré en franchise). Ce parc de magasins, largement hérité du rachat par Carrefour de GB en 2000, représente près de la moitié des surfaces commerciales du groupe dans le pays (377 000 mètres carrés sur 797 000, en comptant aussi 323 magasins de proximité, tous franchisés). Basculer à 100 % vers de la franchise permettrait ainsi au Français de s’alléger dans le pays sans plier bagage. La situation financière de Carrefour Belgique s’améliore depuis quelques années : ses pertes d’exploitation, de 21,8 millions d’euros en 2023, ont été ramenées à 2,9 millions d’euros en 2024.
Le marché est très bataillé dans ce pays de 12 millions d’habitants, où la guerre des prix fait rage. Carrefour, avec environ 15 % de parts de marché, est le troisième acteur de la grande distribution, derrière le leader Colruyt et son challenger Delhaize. Ce dernier avait beaucoup fait parler de lui en mars 2023, en décidant de passer en franchise la totalité des 128 supermarchés intégrés qu’il possédait encore (à côté des 636 autres points de vente de l’enseigne déjà opérés par des commerçants affiliés). Ce plan drastique, destiné à remettre ces magasins intégrés sur la voie de la croissance avait entraîné des grèves massives des salariés et des manifestations. Contacté, Carrefour n’a pas fait de commentaires.