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Continuer la lectureSFR Business : Altitude fait une offre, des fonds étudieraient aussi le dossier
Altice France négocie la vente de la division entreprise de SFR. De quoi mettre la pression sur Orange, Bouygues et Free pour qu’ils augmentent leur offre sur l’opérateur tout entier.
Altice France veut reprendre la main. Après avoir décliné mi-octobre une offre commune de la part de Bouygues Telecom, Free (dont Xavier Niel est actionnaire de l’Informé) et Orange à 17 milliards d’euros (21 milliards en tenant compte des actifs non repris) pour SFR, la société de Patrick Drahi test...
D’abord, les prétendants potentiels ne s’intéressent pas forcément à l’intégralité de SFR Business : certains lorgnent l’activité commerciale mobile, d’autres l’activité commerciale fixe. En fonction du périmètre désiré, l’excédent brut d’exploitation (l’Ebitda) varie de 180 à près de 260 millions d’euros… et les valorisations évoquées font le grand écart, de 1,2 à plus de 2,7 milliards d’euros, avec des multiples d’Ebitda allant de 6,5 à 10,5.
Selon nos informations, l’opérateur d’infrastructures spécialisé dans les réseaux d’initiative publique (RIP), Altitude Infra, a remis une offre indicative mais sur une partie seulement de l’activité entreprise et à un prix qualifié par plusieurs observateurs d’extrêmement faible. Et comme le souligne un proche du dossier, « Altitude Infra n’a pas l’argent pour une telle opération. » Il dispose toutefois d’un levier de négociation : le procès en cours qu’il a intenté contre SFR sur les conditions du rachat de 26 réseaux télécoms auprès de l’opérateur au carré rouge en 2021. Altitude lui réclame 336 millions d’euros pour manquements contractuels et défaut d’information dans cette opération vieille de quatre ans, comme l’avait révélé l’Informé. Depuis sa levée de fonds de 350 millions d’euros cette même année, Altitude Infra multiplie les opérations pour renforcer sa position dans le marché FTTH résidentiel et dans l’infrastructure dédiée aux entreprises. Mais il ne possède pas de réseaux mobiles afin de proposer ses propres offres, fixes et mobiles, à ses clients. Et SFR Business pourrait l’y aider.
Le nom de Celeste a lui aussi été évoqué, mais l’intérêt de l’opérateur de fibre optique détenu par Infravia Capital Partners est formellement démenti en interne. Il faut dire que le groupe a déjà son propre agenda, dicté par la sortie prochaine de son actionnaire. Selon nos informations, l’enchère organisée par Lazard - là aussi à la manœuvre - est entrée dans le « money time » et pourrait aboutir d’ici la fin de la semaine.
Également sollicités sur le rachat de SFR Business, les fonds d’investissement peinent à mordre à l’hameçon. Les deux investisseurs les plus attendus, Bridgepoint et Advent International, n’auraient pas remis d’offres. « Ces fonds ne peuvent décemment pas dépenser 5 millions d’euros pour faire leurs due diligences alors que tout le monde s’attend à ce qu’Orange, Bouygues Telecom et Iliad réévaluent leur offre sur SFR », estime un banquier. Selon plusieurs professionnels du marché, la tentative de vente à la découpe de SFR, incluant donc l’activité aux entreprises, s’apparente à un moyen de pression pour pousser le triumvirat à revoir son offre.
En effet, une cession au trio reste l’option la plus avantageuse pour Patrick Drahi, selon les calculs des analystes financiers. En se vendant à ses trois concurrents (Bouygues Telecom, Free et Orange), SFR verrait sa valeur potentielle grimper à 20,5 milliards d’euros, à en croire les estimations de JP Morgan, grâce aux synergies dégagées. En revanche, s’il n’y a pas de passage à trois opérateurs, alors SFR ne vaut guère plus de 16,1 milliards d’euros, soit 5 fois l’Ebitda 2027, qui est le ratio moyen du secteur selon la banque d’affaires américaine. Moins généreux, New Street valorise l’opérateur au carré rouge à seulement 15,2 milliards.
Pour autant, le polytechnicien a tout intérêt à explorer tout de même d’autres pistes car une vente à Bouygues Telecom, Orange et Free pourrait être bloquée par les autorités de la concurrence. Il se doit donc d’examiner toutes les possibilités pour lui et ses créanciers désormais actionnaires de SFR à 45 %. Ensuite, il cherche à montrer à ses trois concurrents que leur offre ne reflète pas la réalité en fixant un prix sur chacun des actifs auprès d’autres acheteurs potentiels. Enfin, il leur signifie aussi que le temps presse pour eux car si une cession d’un actif intervenait rapidement, un SFR, amputé, serait moins intéressant.
Tout comme NetCo, l’opérateur ne détaille pas les performances financières de SFR Business dans ses comptes. Seule l’activité Business services (qui ne représente pas la globalité des offres aux entreprises) affiche son chiffre d’affaires, soit 1,43 milliard d’euros au premier semestre en recul de 5,7 % sur un an. La phase 2 du processus de cession devrait intervenir avant Noël.
Contactés, Altitude, Bridgepoint et Advent International n’ont pas souhaité faire de commentaire, tout comme Altice France.