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Continuer la lectureSFR espère vendre son réseau d’infrastructures NetCo pour 4,5 à 6 milliards d’euros
Alors qu’il a jugé insuffisante l’offre de Bouygues, Free et Orange sur SFR, Patrick Drahi vient de proposer à une quinzaine de fonds de racheter NetCo, une des activités de l’opérateur.
SFR enclenche son plan B. Après avoir refusé tout net, mi-octobre, une offre de rachat conjointe de 17 milliards d’euros de la part de Bouygues Telecom, Free et Orange, l’opérateur de téléphonie sonde l’appétit des fonds d’infrastructures sur une partie du périmètre mis en vente : son activité NetCo....
À la différence de XpFibre, sa filiale très haut débit avec plus de 7 millions de prises dans des zones moyennement denses, NetCo intègre, notamment, le réseau fibre en zone dense et très dense ainsi que les liaisons longue distance qu’on appelle le backbone. Sa mise en vente avait été évoquée par le Monde dès le 26 octobre dernier. Le dossier a notamment été proposé à des investisseurs comme KKR, Ardian, Blackstone, La Caisse de dépôt et placement du Québec ou encore GIP. Mais il n’est pas certain que la valorisation attendue soit au rendez-vous. « C’est un objet hétéroclite, un bric-à-brac, mêlant des infrastructures très différentes », analyse un connaisseur. « Difficile de se dire si les négociations vont se lancer avec une forte conviction, juge un banquier d’affaires. Peut-être que le but est de créer un peu de bruit et de la « distraction » par rapport à la cession de SFR, on n’est pas sûr ». Le calendrier semble de surcroît ambitieux : le processus est censé se terminer fin novembre ou début décembre au plus tard.
Cette manœuvre a toutefois un double intérêt. D’une part, elle doit inciter Bouygues Telecom, Free et Orange à revoir leurs offres à la hausse, en leur prouvant que l’un des actifs de SFR (NetCo) vaut bien plus cher qu’ils ne pensent. « Cela permet de montrer au trio qu’il pourrait dans un deuxième temps revendre NetCo à un bon prix, ce qui diminuerait d’autant le montant du chèque pour acquérir SFR », estime une partie prenante. À ce jour, les trois opérateurs « maintiennent leur offre et souhaitent créer un dialogue constructif avec le groupe Altice », ont-ils ainsi indiqué le 15 octobre dans un communiqué commun. Les négociations se poursuivent actuellement entre les équipes. D’autre part, la société de Patrick Drahi doit également avancer sur une cession à la découpe à des fonds. Car rien ne dit que ses trois concurrents relèveront leur offre initiale et même si tel était le cas, les autorités de concurrence devront encore donner leur aval à une telle opération.
Face à ces incertitudes, Altice France se doit donc d’examiner toutes les options. Certes, le groupe a réduit sa dette de plus de 8 milliards d’euros en faisant entrer ses créanciers à hauteur de 45 % à son capital mais cela ne règle pas tout. Car plus le temps passe, plus les performances financières de SFR risquent de se dégrader. Après un premier trimestre en baisse, le deuxième a vu une accélération du déclin du chiffre d’affaires de 9,1 % à 2,28 milliards d’euros pour un Ebitda en retrait de 10,8 % à 801 millions d’euros. Sans compter que la situation pèse sur le climat social et déstabilise les 8 000 salariés. La CFDT a adressé une « demande urgente de rendez-vous » au ministre de l’Économie, Roland Lescure à ce sujet.
« Ils vont tenter de mieux finir l’année, il suffit d’observer leur grande campagne publicitaire des dernières semaines », ajoute un observateur. La période de Noël est toujours propice à la vente de forfaits mobiles accompagnés d’un smartphone mais la bataille sur les prix continue de faire rage. Au deuxième trimestre, les revenus des forfaits ont baissé de 3,2 % à 3,5 milliards d’euros. La facture mensuelle moyenne par carte SIM a diminué de 60 centimes sur un an à 14,40 euros (hors taxes) et même de 70 centimes pour les forfaits selon les données du gendarme du secteur, l’Arcep. Et ses concurrents savent très bien qu’en fragilisant davantage SFR avec des offres agressives, ils vont peser sur sa rentabilité et donc sa valorisation. Contacté, Altice France n’a pas souhaité faire de commentaire.