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En plein rachat par SoftBank, le français Balyo se fâche avec Bryan Garnier

Le spécialiste des chariots robotisés autonomes, en cours d’acquisition par le groupe japonais, est attaqué en justice par la banque d’affaires qu’il avait mandatée pour trouver des fonds.

Masayoshi Son est le directeur général de SoftBank et 31ème plus grande fortune au monde selon le magazine Forbes.
Masayoshi Son est le directeur général de SoftBank et 31ème plus grande fortune au monde selon le magazine Forbes. KAZUHIRO NOGI / AFP

Huit ans et puis s’en va. La société spécialisée dans les chariots robotiques, Balyo, va se retirer de la Bourse de Paris d’ici peu. Le temps que son nouvel actionnaire majoritaire, le groupe japonais SoftBank de Masayoshi Son, finisse de racheter les dernières parts détenues par les petits porteurs. Mais derrière cette opération se cache un conflit à plusieurs volets qui mêle Balyo, le cabinet d’avocats britannique Ashurst et la banque d’affaires Bryan Garnier (rachetée fin juin par Stifel).

Celui-ci prend racine en juin 2021. Entre manque de cash, difficultés financières et valse de dirigeants, la start-up mandate à l’époque la boutique M&A, lui confiant le soin de trouver 6,1 millions d’euros d’argent frais auprès d’investisseurs. Pourtant durant cette recherche, un autre conseiller financier, TAP Advisors, est aussi missionné et débusque en 2023 un acquéreur, SoftBank… Sans que Bryan Garnier ne soit mise au courant. Et c’est bien là, le nœud du problème.

Le groupe japonais lance une offre publique d’achat (OPA) sur l’entreprise après acceptation des actionnaires de référence de céder 41 % des parts pour près de 30 millions d’euros. C’est à ce moment-là que Bryan Garnier découvre le pot aux roses et adresse alors une facture de plus de 1,4 million d’euros à Balyo. Malgré plusieurs relances, la douloureuse n’est pas honorée et la banque décide de saisir le tribunal de commerce en 2024. Dans un jeu de billard à trois bandes, Balyo se retourne alors contre son cabinet d’avocat Ashurst, lui réclamant exactement le même montant auprès du tribunal judiciaire de Paris, tout en refusant de lui verser ses honoraires. Le fabricant de chariots reproche à son conseil d’avoir commis une faute « en ne le mettant pas en garde quant à la nécessité de mettre fin au mandat de Bryan Garnier avant de conclure un nouveau mandat ».

Au printemps dernier, le tribunal de commerce a décidé de lier les deux affaires et de les renvoyer devant le tribunal judiciaire de Paris. Elles ne sont toujours pas tranchées au moment où Balyo s’apprête à quitter la Bourse de Paris très prochainement.

Contactés, Ashurst et Stifel n’ont pas souhaité faire de commentaire sur une affaire en cours tandis que Balyo n’a pas répondu à nos sollicitations.