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Continuer la lectureNanoXplore : une première levée de fonds pour la pépite française du spatial
La jeune pousse, spécialiste des puces pour satellites, veut amorcer un nouveau programme d’investissement pour adapter ses processeurs à de nouveaux secteurs : la défense, l’avionique et l’automobile.
Les planètes s’alignent pour NanoXplore. La pépite française de 90 salariés, spécialiste de la conception de puces électroniques pour satellites, vient de lancer une levée pour trouver plus de 20 millions d’euros, selon nos informations. Une opération largement soutenue par Bercy : alors que l’État a aidé la jeune pousse durant sa phase de recherche, il espère en tirer profit maintenant qu’elle s’envole. Nommé DG de l’entreprise familiale en 2014, Édouard Lepape, précédemment banquier d’affaires pour Barclays à Paris et à Londres, pilote en direct le processus. Il devrait aboutir d’ici la fin de l’année.
Le dirigeant, fervent défenseur d’une souveraineté industrielle dans le domaine des puces et des semi-conducteurs, entend privilégier un actionnariat européen. D’ores et déjà, Bpifrance, bras armé de l’État dans le financement de l’économie, a fait connaître sa volonté de participer à la levée. La banque publique connaît bien NanoXplore : elle a contribué au plan d’investissement de 35 millions d’euros qui a permis le développement des puces NG Ultra aujourd’hui très prisées des constructeurs et intégrateurs de satellites européens (Airbus, Thales Alenia Space, OHB). Fabriquées par STMicroelectronics près de Grenoble, elles se caractérisent par un design et des composants qui garantissent une grande résistance aux radiations spatiales, rallongeant ainsi la durée de vie des engins. La production de ces pièces sur le Vieux Continent est un enjeu critique pour les industries spatiale et militaire, alors que l’administration américaine peut interdire, via la réglementation Itar, la commercialisation de produits finis dès lors qu’ils intègrent des composants made in USA.
NanoXplore espère aussi intéresser des fonds privés européens et des industriels français. Car la PME a le vent en poupe. Sur son secteur d’origine, elle vient de signer un partenariat d’envergure avec Thales Alenia Space (détenu par Thales et l’italien Leonardo) pour lui fournir ses processeurs. Un contrat qui permet à la PME de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022 de viser les 50 millions d’ici trois ans. Et elle entend bien, aussi, conquérir de nouveaux marchés : la défense, l’avionique (les éléments permettant la navigation des avions) ou encore l’automobile.
Pour ce faire, la société planche sur un élargissement de son portefeuille de produits : au-delà sa puce NG Ultra idéale pour les satellites, très fiable mais aussi très chère, elle travaille notamment sur un processeur moins coûteux, à faible consommation d’énergie et de haute sécurité cyber. Des échanges sont aussi engagés pour profiter de l’appui du fonds « i-Démo », piloté par Bpifrance et le Secrétariat général à l’investissement (opérateur de France 2030), dédié au soutien aux projets structurants de recherche industrielle.