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Continuer la lectureFournisseur-clé de l’aéronautique, Addev cherche à lever 100 millions d’euros de dettes
Soutenu par Tikehau et Bpifrance, le fabricant de matériaux de haute performance veut refinancer sa dette existante tout en se dotant de moyens pour de futures acquisitions.
Addev prépare le coup d’après. Ce fournisseur de matériaux de haute performance, particulièrement réputé dans l’aéronautique et la défense où il enregistre près de la moitié de ses 200 millions de chiffre d’affaires, a entamé des discussions avec des établissements bancaires, conseillé par Alantra. Objectif ? Obtenir des fonds pour préparer l’avenir. L’industriel lyonnais aux 750 salariés espère réunir jusqu’à une centaine de millions d’euros, une enveloppe comprenant un refinancement de sa dette existante, mais aussi de nouveaux moyens pour de la croissance externe. Les premières discussions ont suffi à alimenter certaines spéculations du marché sur l’arrivée d’un nouvel actionnaire prêt à prendre le relais de Tikehau et de Bpifrance, investisseurs de référence de la société depuis 2019 aux côtés de la direction, qui conserve le contrôle. « Un changement parmi les actionnaires n’est pas le sujet du moment, chaque chose en son temps », rétorque-t-on cependant du côté de l’entreprise. Le dossier pourrait néanmoins arriver sur la table dès 2024.
Si Addev s’adresse à des industries assez diverses (automobile, ferroviaire, santé, construction, énergie…), c’est bien le secteur de l’aéronautique qui le fait décoller ces dernières années. Prestataire d’Airbus, Thalès, Boeing ou encore Dassault, à qui il fournit colles, mastics, films techniques ou adhésifs, il bénéficie à plein de la reprise de l’activité aérienne post covid : cette année, il devrait afficher un chiffre d’affaires environ 50 % plus élevé qu’en 2021, sans compter les acquisitions actuellement en cours de négociation. « L’entreprise a su garder le cap pendant la crise sanitaire et n’a finalement perdu qu’une seule année par rapport à son plan d’affaires initial », souffle un connaisseur de la société. Son Ebitda, resté positif au plus fort de la pandémie, équivaudrait aujourd’hui à 10 % de son chiffre d’affaires. Sa croissance s’explique en bonne partie par des acquisitions, comme celles récentes du britannique Parafix et du scandinave Scandpro. Bien décidé à poursuivre ses rachats, Addev se dit aujourd’hui à l’affût d’entreprises réalisant de 15 à 30 millions d’euros de revenus, avec un fort tropisme pour l’international.